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lundi, juillet 4, 2022

Wilfrid Hounkpatin, la dynamite du Castres Olympique

International depuis cet été et rappelé pour la tournée de novembre, l’explosif pilier du CO brille cette saison en Top 14 en multipliant les essais. Focus sur un parcours peu commun.

Fabien Galthié et son staff ont pris l’habitude, depuis leur prise de fonction, de donner leur chance à des joueurs au profil atypique. Qui sortent des canons habituels du rugby pro. Ainsi, ont été lancés dans le grand bain international des joueurs comme Anthony Bouthier ou Melvyn Jaminet, qui ont fait leurs armes en Pro D2. «Dans le profil des joueurs que l’on a, certains n’ont pas eu le parcours idéal. Des joueurs sont allés acquérir de l’expérience en Pro D2 ou en Fédérale», avait récemment reconnu le sélectionneur tricolore. C’est notamment le cas de Wilfrid Hounkpatin, le massif (1,92 m, 132 kg) et explosif pilier du Castres Olympique, opposé ce samedi (17h) au Stade Toulousain.

Depuis le début de la saison, Hounkpatin, auréolé désormais d’un statut d’international depuis la dernière tournée des Bleus estivale en Australie, fait beaucoup parler de lui en Top 14. Contre Toulon puis face à Biarritz, il a en effet inscrit deux doublés, tout en puissance, en faisant voler les défenses varoise et basque comme de vulgaires fétus de paille. Sa spéciale ? Marquer en force après une pénalité vite jouée à la main à 5 mètres de l’en-but adverse. Redoutable et inarrêtable.

Tout sourire, le joueur aux origines béninoises et sénégalaises a confié le week-end dernier au micro de Canal + : «J’ai pas mal de chance en ce moment, il va falloir que je joue au loto ! Peut-être que je suis le plus débile de l’équipe, c’est pour ça qu’on me donne le ballon (Rires). J’essaie de faire parler mes qualités, prendre le ballon, avancer, ne pas se poser de questions, aller tout droit, le plus loin possible. Rory (Kockott, son demi de mêlée) me pique un peu avant, il me dit deux-trois phrases histoire de me motiver, ça marche à chaque fois.»

Belle réussite pour ce natif d’Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, qui n’a derrière lui que douze ans de pratique du rugby. Il n’est en effet venu au ballon ovale qu’à l’âge de 18 ans (il en a 30 aujourd’hui) au RC Nîmes, avant de passer par le centre de formation de Montpellier, où il partageait des fois les séances d’entraînement de… Fabien Galthié, alors entraîneur du MHR. «Je n’ai opté pour le rugby qu’à l’âge de 18 ans, a-t-il raconté dans les colonnes de La Dépêche du Midi. Auparavant, j’ai fait du foot et de la boxe thaïe, mais je ne connaissais rien au rugby. Comme j’avais déjà un beau gabarit, des potes m’ont incité à y venir et j’ai commencé ainsi.»

Se «faire la couenne» en Fédérale 1

Par la suite, il connaît une saison compliquée à Narbonne (2013-2014) et part se «faire la couenne» pendant trois saisons à Rouen en Fédérale 1 (ancienne troisième division). Le club normand est alors entraîné par l’Anglais Richard Hill, qui croit en son potentiel et l’envoie faire des stages en Angleterre (à Bath, Gloucester et Bristol). Le gaillard apprend vite, ses progrès sont rapides, notamment en mêlée fermée. Et de raconter : «Quand j’ai commencé à Nîmes, ils ne savaient pas où me positionner. J’ai joué pilier gauche, pilier droit, deuxième-ligne et j’ai même fait un match à l’aile. J’avais un côté imposant, mais pas trop de technique par rapport à des gars qui avaient commencé à l’école de rugby.»

Il a également joué pivot au handball, d’où la qualité de ses appuis dans le combat rapproché. C’est comme ça qu’il va taper dans l’œil de Christophe Urios, alors mentor du CO entre 2015 et 2019, qui va le chercher en Normandie en 2018. Hounkpatin est aussi en contact avec Toulon, Agen et le Racing 92, mais il opte pour Castres. Le technicien qui avait fait des miracles à Oyonnax va alors polir le diamant. Lui faire travailler son foncier et sa tenue en mêlée. En quatre saisons dans le Tarn, il monte en puissance et s’intègre parfaitement dans l’effectif : il a depuis disputé 54 matches (44 comme titulaire), avec désormais 9 essais inscrits sous le maillot du club tarnais. Une performance remarquée pour un pilier.

Le plus important, ça reste de ne pas reculer en mêlée

Wilfrid Hounkpatin

Logiquement, il est repéré par le nouveau staff des Bleus. Lors du Tournoi 2020, il est convoqué une première fois par pallier le forfait du Toulousain Dorian Aldegheri. Mais le Castrais se blesse à son tour et doit déclarer forfait. Ce n’est que cet été, lors du deuxième test-match remporté contre les Wallabies, qu’il va connaître sa première (et unique à ce jour) sélection. Même s’il avait été plutôt en difficulté en mêlée fermée (noté 5,5/10 à l’époque par Le Figaro ), il entre dans l’histoire puisque les Bleus n’avaient plus gagné sur l’île-continent depuis 30 ans.

«On nous a appelés l’équipe de « bizuths », ça voulait un peu dire qu’on était là pour faire le nombre, qu’il fallait envoyer des soldats à la guerre, eh bien ces soldats-là ont montré de belles choses et juste pour ça, c’était fantastique», savoure-t-il dans La Dépêche. Il a été rappelé en bleu, cette semaine, pour la tournée de novembre. Avec ce statut d’international à assumer. Ça lui réussit plutôt bien avec Castres où il enchaîne les essais tout en puissance. «Mais le plus important, ça reste de ne pas reculer en mêlée», insiste-t-il. À confirmer cet automne avec le XV de France.

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