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lundi, juillet 4, 2022

Tramayes, ce village de Saône-et-Loire qui vise l’autosuffisance en énergie

Parce qu’elles ont des besoins énergétiques moins importants et qu’elles offrent plus de place pour les initiatives citoyennes, les collectivités locales de petite taille peuvent jouer un rôle de pionnière en matière de transition énergétique. C’est le cas de Tramayes, petit village de Saône-et-Loire d’un millier d’habitants, qui peut se targuer d’avancées concrètes sur le sujet. Depuis une dizaine d’années, il multiplie les initiatives visant à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Récompensé par ses efforts, le village produit aujourd’hui davantage d’énergies renouvelables que n’en consomment ses seuls services municipaux.

Pour y parvenir, le village a divisé sa consommation d’électricité par 3,5, passant d’une consommation par les bâtiments municipaux et les éclairages publics de 400 MWh en 2007 à 120 MWh en 2017. Cette réduction de la consommation a été possible grâce à des travaux de rénovation thermique des bâtiments ainsi que par l’instauration d’une coupure des éclairages publics après 23 heures.

De grands chantiers énergétiques

La mairie a également changé ses modes de productions d’énergies. Un réseau de chauffage par biomasse a été construit pour chauffer l’ensemble des bâtiments publics : la mairie, les écoles, l’Ehpad, etc. La chaufferie est alimentée par les déchets de la scierie située à 4 km du village. Ce mode de chauffage émet 20 grammes de CO2 par kWh contre 380 grammes pour le chauffage au fioul. «On économise 200 000 litres de fioul par an, et on a réduit de 95% nos émissions de CO2» lance fièrement le maire Michel Maya (sans étiquette). La chaufferie produit annuellement 2000 MWh, pour une consommation des bâtiments municipaux de 600 MWh, soit un excédent de 1400 MWh. La commune a aussi procédé à l’installation de deux sites de panneaux photovoltaïques, d’une production annuelle de 60 MWh chacun. Cette production d’électricité est, elle, encore inférieure à la consommation municipale. Mais «on va réinstaller des panneaux et je pense que dans 4 ans on sera à un total de 240 MWh» précise le maire.

En ligne de mire, la décennie 2050, et un objectif ambitieux : « produire dans la commune autant que ce que l’on consomme, sous forme d’énergies renouvelables» continue Michel Maya.

Faire suivre l’intendance

La mairie s’est donné les moyens de son ambition. 1,5 million d’euros ont été dépensés pour le réseau de chaleur, 2,6 millions pour la rénovation énergétique des écoles primaire et maternelle (qui devenaient de toute façon vétustes), et 1,7 million pour l’ancienne gendarmerie, réhabilitée en logements sociaux. Des dépenses non négligeables pour une commune de la taille de Tramayes, dont le budget annuel de fonctionnement est compris entre 700.000 et 800.000 euros, et celui d’investissement, très variable, entre 300.000 et 2 millions d’euros. L’État a contribué à hauteur de 200.000 euros via le programme Territoires à Énergie Positive et Croissance Verte.

Dans ses choix de politique énergétique, la commune a pu compter sur l’expertise de l’Ademe, l’agence de la transition énergétique. Le maire met également à profit ses contacts avec différents mouvements ou associations engagés dans les questions de transition énergétique : Cler, Amorce, et Énergies partagées.

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