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jeudi, juin 30, 2022

Sans tout révolutionner, Gérald Baticle a imprimé sa patte à Angers

La belle entame de championnat du SCO doit beaucoup à son nouvel entraîneur, qui a su imposer ses principes de jeu dans l’animation offensive.

Cet été, un nouveau souffle a balayé le Maine-et-Loire. Après dix ans de précieux et loyaux services, Stéphane Moulin et Angers-SCO ont mis un terme à leur collaboration. C’est – presque – un novice qui l’a remplacé : Gérald Baticle, qui hormis une maigre expérience chez les professionnels en tant qu’entraîneur principal du Stade Brestois en Ligue 2 en 2008-2009, s’est surtout fait connaître dans la profession pour avoir dirigé des équipes de jeunes et occuper la fonction d’adjoint à l’Olympique Lyonnais pendant une décennie.

Une entame de championnat remarquable

Le pari était risqué. D’un point de vue extérieur, il est toujours délicat de connaître les principes de jeu d’un entraîneur adjoint ; d’évaluer ses compétences et de les transposer dans une éventuelle fonction de technicien principal. Mais force est de constater qu’à l’aube de la dixième journée de Ligue 1 cette décision ne souffre d’aucune contestation. Avec 16 points au compteur, le SCO pointe à la quatrième place du classement. Pourtant, le calendrier du club angevin n’était pas facile sur le papier avec les réceptions de l’Olympique Lyonnais, du Stade Rennais ou encore de l’Olympique de Marseille. À chaque fois, face aux grosses écuries du championnat, les hommes de Gérald Baticle ont fait forte impression : une large victoire face aux Gones (3-0), un beau succès contre les Rouge et Noir (2-0) et un match nul intéressant contre les Phocéens. Trois bonnes performances sans encaisser le moindre but.

Un héritage défensif…

Cette assise défensive – qui ne se retranscrit pas réellement dans les statistiques en raison d’une lourde défaite face au FC Nantes (1-4) – est l’héritage de l’ère Stéphane Moulin. Au moment de son intronisation, Gérald Baticle avait assuré vouloir «garder une grande partie de l’animation défensive qui fait que le SCO est une équipe difficile à jouer». Pour le moment, c’est réussi. Son équipe reste difficile à manœuvrer. Mais pour le technicien âgé de 52 ans, bien défendre n’est pas une finalité : «Je recherche l’équilibre défensif. Pour moi, être défensif, ce n’est pas forcément reculer. C’est avoir un bon bloc, une bonne couverture des uns par rapport aux autres, être fort dans le duel. Quand on a cet équilibre défensif, on est plus libéré pour pouvoir attaquer, a-t-il expliqué au cours d’un entretien accordé à Eurosport . On se sent plus fort. On peut attaquer avec plus de confiance, en plus grand nombre.»

La solidité que démontre son équipe est sans doute la conséquence de l’état d’esprit qui y règne ; de cette fameuse «dalle angevine» qui pousse les joueurs à ne rien lâcher jusqu’au bout. Apparemment, elle n’a pas disparu avec le passage de relais entre Moulin et Baticle. Pour preuve, c’est dans le temps additionnel que le SCO a arraché sa victoire face au FC Metz début octobre, après avoir été mené au score à deux reprises. «Les victoires arrachées à la fin sont superbes par le scénario et l’émotion. Et le fait de revenir déjà avant deux fois au score démontre les qualités mentales du groupe, le caractère de cette équipe. Il faut avoir cette force de revenir deux fois et de continuer de pousser», se réjouissait-il après le match.

…et une touche personnelle offensive

Bien entendu, l’ex-entraîneur des U19 de l’AJ Auxerre ne s’est pas contenté de s’appuyer sur les principes défensifs de son prédécesseur et sur les qualités mentales qu’il avait su inculquer à son groupe. Il a aussi ajouté sa touche. Et c’est surtout dans le compartiment offensif de son équipe que celle-ci est perceptible : «Et j’ai des principes offensifs : des prises de risques dans les trente derniers mètres, du jeu vers l’avant quand c’est possible avec une utilisation de la largeur pour étirer le bloc adverse et créer des possibilités de passes dans les intervalles, a-t-il précisé à Eurosport. Pour moi, le foot moderne, c’est retrouver des joueurs lancés dans le dos de la défense adverse. Voici les bases qu’on peut adapter à différents systèmes.»

Afin de créer son propre style, Gérald Baticle s’est inspiré des plus grands techniciens actuels. Admirateur de Pep Guardiola, qu’il considère comme «un obsessionnel», l’ancien attaquant a été influencé par «la précision» de l’Espagnol «dans sa recherche du jeu». Il apprécie aussi particulièrement le style de Jürgen Klopp : «J’aime beaucoup la philosophie de Jürgen Klopp, ses principes de jeu, son style et son management. Quand je parle du jeu vers l’avant à mes joueurs, je cite beaucoup Liverpool et Jürgen Klopp», a-t-il confié à Eurosport. Une méthode qui fonctionne pour l’instant. Assez pour poser des problèmes au Paris Saint-Germain ce vendredi soir (21 heures), en ouverture de la 10e journée de L1 ?

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