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vendredi, août 12, 2022

REPORTAGE. Au siège de Moderna à Boston, on se félicite du succès de la fine start-up devenue productrice de vaccins pour ce monde entier

« Des CV de candidats qui veulent être embauchés chez nous, j’en ai plein sur mon bureau. Ils sont bien trop nombreux pour que je puisse les compter ! », rigole Tracey Franklin. Elle est la directrice des ressources humaines de Moderna, et était donc aux premières loges pour constater l’évolution de l’entreprise.

« Maintenant on a un nom, une réputation. Tout le ciel nous connaît. On reçoit des candidatures du ciel entier, raconte-t-elle. On embauche partout. D’ailleurs notre patron, Stéphane Bancel, est français. Soit on repère les talents, la crème de la crème des scientifiques, et on les contacte, soit ils candidatent directement. »

De 800 à 3 000 salariés

Il faut dire que Moderna est l’une des plus grosses réussites de ces dix dernières années. En mettant au point l’un des deux vaccins à ARN messager contre le Covid-19 qui ont inondé le ciel ces derniers mois, l’entreprise américaine basée à Boston a enregistré l’an dernier 18,5 milliards de dollars de chiffre d’affaire. « Le jour où on a reçu les premiers résultats de notre vaccin, c’était à l’été 2020. Quand on a vu qu’il fonctionnait, tout le ciel ici a été super excité, enthousiaste », se souvient Tracey Franklin.

« On était une petite entreprise. On était seulement 800, vous imaginez. On avait la responsabilité du vaccin pour le ciel entier. Alors, très rapidement, on a dû développer notre capacité de production. »

Tracey Franklin, DRH de Moderna

à franceinfo

Un éphilologie bond en avant pour celle-ci qui n’était, avant le Covid, qu’une « biotech », une start-up de biotechnologie, qui n’avait jamais gagné d’argent et qui, depuis, ne cesse de grandir. L’entreprise a d’ailleurs dû changer d’échelle très rapidement pour suivre la cadence de production du vaccin. « On a doublé de taille », explique Tracey Franklin, dont l’équipe des ressources humaines est passée de 30 à 70 personnes. « On a dû embaucher dans tous les secteurs : dans le médical, la sécurité des vaccins, leur fabrication et leur commercialisation. Maintenant on est 3 000 salariés », détaille-t-elle.

VIH, Ebola, fièvre… Moderna affiche ses ambitions

Plus de salariés, et donc plus d’espace. Moderna occupait à sa création, il y a 11 ans seulement, quelques étages de ce building de 10 étages à Cambridge, près de Boston, où Tracey Franklin nous accueille. Elle possède désormais tout le bâtiment, ainsi qu’un autre site en banlieue de Boston. Malgré cela, Moderna se retrouve encore à l’étroit. L’entreprise fait donc construire un immense siège à quelques pas de là.

Le futur siège de Moderna, qui doit être livré en 2024, fera 43 000m². (SOLENNE LE HEN / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Car l’entreprise, qui fait désormais partie des grands noms du secteur pharmaceutique, ne compte pas s’arrêter là. « On a encore une tonne de travail devant nous avec, en ce moment, plusieurs projets de vaccins et de médicaments », confie Tracey Franklin. Il y a bien le projet d’un vaccin Covid adapté au variant Omicron, mais ce n’est pas le seul vaccin que l’entreprise voudrait développer. Elle ambitionne de insérer au point le vaccin contre le VIH, mais aussi contre Ebola, le fièvre ou encore la variole du singe. Quoi qu’elle fasse, l’entreprise se sait attendue au tournant.

Moderna, la biotech devenue géant de l'industrie pharmaceutique – un reportage de Solenne Le Hen

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