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jeudi, juillet 7, 2022

Quiroga, Macaire ? La victoire finale au bout du suspense

Pierre Quiroga, leader au départ de l’ultime étape, était menacé jeudi en fin d’après-midi par Xavier Macaire. Verdict attendu à partir de 22h30.

L’issue de la 52e édition de la Solitaire du Figaro doit se jouer dans un mouchoir à Saint-Nazaire jeudi soir. Vers 18 heures, en approche de la bouée SN1 marquant l’entrée dans l’estuaire de la Loire et après plus de quatre jours en mer, le leader du classement, Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) était pointé à 8,5 milles derrière Xavier Macaire (Groupe SNEF). La messe n’était donc pas tout à fait dite alors qu’il restait une trentaine de milles à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée en Loire-Atlantique.

Deuxième derrière Xavier Macaire sur le premier tronçon entre Saint-Nazaire et Lorient, via deux marques de parcours dans le golfe de Gascogne, Pierre Quiroga avait atomisé par la suite tout son monde. Triomphateur à Fécamp sur une étape pour sangliers, il avait récidivé haut la main en baie de Morlaix en menant la flotte à la mi-parcours dans les parages de la côte ouest des Cornouailles anglaises. Reléguant ainsi à l’issue des trois premières manches ses principaux adversaires pour le titre, Xavier Macaire et Tom Laperche (Bretagne CMB Performance), à respectivement 1 h 53 et 2 h 32.

Je me suis recalé avec les copains dont Tom. C’était une énorme connerie car j’aurais fait un gros gain

Pierre Quiroga

Cet écart sur Xavier Macaire pouvait donc se réduire à peau de chagrin en approche de la ligne. Pour sa dernière étape aux couleurs de la Macif, après trois années très intenses, Quiroga était donc prêt à s’offrir le graal de tout solitaire. À quelques heures de l’arrivée, situé le plus au sud de la flotte en compagnie de Tom Laperche, d’Alexis Loison (Région Normandie) et du Suisse Nils Palmieri (TeamWork), Pierre Quiroga ne voulait pas malgré tout vendre la peau de l’ours : « J’avance péniblement avec une grande houle qui vient déventer le spi. Cela avance vers le but mais pas comme la météo nous l’annonçait. Le vent commence à tourner du Nord au Sud-Ouest, entre 3 et 6 nœuds. Heureusement car le Nord n’était pas bon pour la route qu’on faisait. J’ai presque été un bon élève en me respectant, sauf hier (mercredi) où je voulais empanner plus tôt. J’y vais une première fois et j’ai perdu l’usage de mon AIS (système de géolocalisation des bateaux par VHF). Du coup, je me suis recalé avec les copains dont Tom. C’était une énorme connerie car j’aurais fait un gros gain. Mais c’était les consignes sur cette dernière étape de me protéger des adversaires directs. En revanche, je ne sais pas où est le Makarios (le nom de baptême du bateau de Xavier Macaire, NDLR). Dans un grand jour, il peut faire très mal et il l’a démontré depuis le début de l’étape. » Sa crainte, le minot de la baie d’Hyères l’a même filmée : « Je ne suis pas serein, avant que vous arriviez avec Express, je faisais mon deuil vidéo de ma première place en me disant que j’étais resté propre à moi-même, à ma route. Ce sont des émotions en mer où l’on peut descendre assez vite. On verra bien au bout ce que cela donnera. »

Beaucoup de choses peuvent se jouer à quelques milles de l’arrivée

Xavier Macaire

Xavier Macaire était lui en pleine forme le matin même : « Je voulais être assez proche de la route directe, je privilégiais les bords de rapprochement, tout en étant bien en phase avec les bascules de vent. Je ne voyais pas où étaient les concurrents. J’ai l’impression qu’ils sont restés plus centrés. Sur les classements, je voyais que ça gagnait un moment, que ça perdait parfois et ce matin (jeudi) ça regagne. Je suis plutôt satisfait d’être encore bien dans le match. Ce n’est pas évident d’avoir une vision claire de ce qui se passait aujourd’hui. Les fichiers sont des infos globales, donc les effets de sites et thermiques doivent se deviner. Beaucoup de choses peuvent se jouer à quelques milles de l’arrivée. J’essaye de me décaler un peu sous la route directe dans l’idée de ne pas trop me rapprocher de la terre et de la molle. Pour l’instant, ça glisse dans du vent de nord avec de la bonne vitesse. J’ai fait une petite sieste et je vais y retourner car le vent est stable et je voudrais garder de l’énergie pour la fin de la course. Ça va être un beau parcours aujourd’hui. » Il avait raison.

Quel que soit le vainqueur, cette édition de la Solitaire au long cours aura tenu toutes ses promesses jusqu’aux ultimes milles.

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