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mercredi, juin 29, 2022

que reste-t-il du fabuleux Ajax Amsterdam de 2019 ?

Le club néerlandais avait créé la sensation il y a trois ans en se hissant en demi-finale de la Ligue des champions. Une épopée formidable d’un groupe largement chamboulé depuis.

Comment ne pas se souvenir de l’incroyable parcours en Ligue des Champions de l’Ajax Amsterdam il y a trois saisons ? Lors de cet exercice 2018/2019, le club batave avait enchanté la scène européenne en infligeant notamment une correction au Real Madrid sur sa pelouse en huitième de finale retour (1-4). Ce formidable collectif s’était ensuite offert le scalpe de la Juventus Turin en quart de finale avant de chuter en demies face à Tottenham au terme d’un scénario hollywoodien. Vainqueur 1-0 au match aller à Londres, l’Ajax s’était incliné 3-2 à domicile au retour. Lucas Moura, auteur d’un triplé, avait crucifié les Amstellodamois à la 95e minute. Un dénouement on ne peut plus cruel pour une équipe surprenante, rafraîchissante, portée par un collectif exceptionnel d’osmose et de solidarité et des individualités qui ont explosé au grand jour.

Ce mardi, l’Ajax Amsterdam reçoit le Borussia Dortmund pour la 3e journée de la phase de groupes de la Ligue des champions. Le club néerlandais a parfaitement lancé sa campagne en étrillant le Sporting Portugal à Lisbonne (5-1) puis en s’imposant à domicile contre le Besiktas Istanbul (2-0). Pourtant, l’Ajax d’aujourd’hui est bien différent de celui qui a échoué aux portes de la finale en 2019.

Le départ des cadres

Face au Besiktas il y a trois semaines (2-0), seuls trois joueurs au coup d’envoi étaient déjà présents lors de l’épopée de 2019 : Daley Blind, Noussaïr Mazraoui et Dusan Tadic. Et sur le banc, ils n’étaient que deux à avoir pris part à cette fantastique aventure : David Neres (entré en jeu) et Nicolas Tagliafico. Les autres hommes forts de l’Ajax de 2019 sont partis vers d’autres cieux, dont le jeune capitaine de l’époque, Matthijs de Ligt, qui fait désormais les beaux jours de la Juventus. L’Ajax est également orphelin de son métronome au milieu de terrain : Frenkie de Jong désormais au FC Barcelone. Élu meilleur milieu de terrain de l’année par l’UEFA en 2019, il avait régalé les observateurs par son sens de la passe, sa qualité technique mais aussi son activité dans le jeu sans ballon. Son comparse du milieu de terrain, Donny Van de Beek, aujourd’hui à Manchester United, faisait lui aussi parti des tauliers de cette équipe. Enfin, autre départ majeur, celui d’Hakim Ziyech vers Chelsea. Le Marocain avait inscrit 21 buts et délivré 20 passes décisives toutes compétitions confondues cette saison-là. «On n’a pas de stars, on est une équipe», avait ainsi résumé Matthijs de Ligt à l’époque.

Si tous ces joueurs connaissent des fortunes diverses dans leur nouveau club, ils ont tous rayonné au même moment sous le maillot rouge et blanc de l’Ajax, faisant de cette équipe une forteresse imprenable et l’un des collectifs les plus enthousiasmants de ces dernières années en Ligue des champions.

Un coach et une philosophie toujours présents

Si le navire s’est dépeuplé, son capitaine, lui, est resté. Le coach de l’Ajax, Erik Ten Hag, était déjà présent en 2018/2019 et le club hollandais lui doit en grande partie ce fabuleux parcours européen. Influencé par Pep Guardiola, qu’il a côtoyé au Bayern Munich, le technicien batave est devenu un chantre du jeu offensif, tourné vers le pressing et la récupération haute. Un football total que n’aurait pas renié celui qui a donné son nom au stade de l’Ajax : Johan Cruyff. «C’est impressionnant la façon dont ils jouent, dont ils pressent. C’est super à regarder», avait reconnu à l’époque Emre Can, milieu de la Juventus Turin, quelques heures avant d’affronter cette équipe de l’Ajax.

Après le départ de tous ses cadres, Erik Ten Hag a dû faire face à ses premières turbulences sur le banc amstellodamois. Il a fallu réinstaller une charnière centrale et retrouver de l’équilibre au milieu de terrain après les départs de Van de Beek et De Jong, auxquels il faut ajouter celui du Danois Lasse Schöne, désormais en fin de carrière, mais qui était un titulaire indiscutable il y a trois ans et diablement précieux dans son rôle de sentinelle. Pour reconstituer un effectif, Ten Hag est resté fidèle à sa réputation : celle d’un coach qui s’appuie sur des jeunes qu’il n’hésite pas à lancer très tôt dans le grand bain. Ainsi, le jeune Ryan Gravenberch (19 ans) s’est installé au milieu de terrain tout comme Jurriën Timber (20 ans) en défense centrale ou encore le virevoltant Antony (21 ans) au poste d’ailier droit. Cette bascule d’une jeune génération vers une autre ne s’est pas réalisée sans encombre. Lors de la saison qui a suivi la folle épopée, l’Ajax n’est pas parvenu à sortir de son groupe de Ligue des champions et a même été éliminé en 16es de finale de la Ligue Europa par les Espagnols de Getafe. Même chose la saison dernière où, à l’issue de la phase de groupes de la C1, l’Ajax avait été reversé en Ligue Europa où ils avaient tout de même atteint les quarts de finale, perdus face à la Roma.

Cette saison, les hommes d’Erik Ten Hag ont déjà inscrit 7 buts en deux matchs de Ligue des champions et peuvent désormais compter sur un vrai buteur : le Franco-ivoirien Sébastien Haller, meilleur buteur de la compétition jusqu’à présent (5 buts). Fidèles à une philosophie de jeu, bien qu’amputés de l’écrasante majorité des tauliers de 2019, Ten Hag et l’Ajax attaquent une nouvelle campagne européenne dans la peau d’un outsider. À première vue, difficile toutefois de les imaginer reproduire l’exploit de 2019. Néanmoins, lors de cette fameuse campagne, le parcours en poules de l’Ajax ne laissait pas entrevoir un tel dénouement. Quoi qu’il arrive, l’Ajax Amsterdam retient désormais une attention toute particulière lors des soirées européennes.

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