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lundi, juillet 4, 2022

pourquoi rien ne va plus

Les Maritimes pointent à la 13e place du classement avec quatre défaites en cinq journées. Pression maximale samedi prochain pour la venue de Castres. Et seulement une petite semaine pour régler de nombreux maux.

«Je ne suis pas inquiet…» « Il n’y a pas le feu…» Chez les Maritimes, le message se veut confiant. Pas de panique, les lendemains qui chantent sont pour bientôt. En attendant, pourtant, le bilan est négatif et les raisons de s’inquiéter ne manquent pas. À l’issue de la quatrième défaite (en cinq journées) samedi à Montpellier, Grégory Alldritt a réuni ses coéquipiers sur la pelouse pour leur parler longtemps. Et sans doute pas du passé qu’il leur faut obligatoirement oublier. Les deux finales, de Top 14 et de Champions Cup, ont fait du Stade Rochelais une équipe redoutée et un candidat sérieux aux premières places. Quatre mois plus tard, cette flatteuse réputation est déjà sérieusement écornée par les quatre défaites contre Toulouse (16-20), au Racing (23-10), à Clermont (23-22) et à Montpellier (21-11). Des revers nullement atténués par la large victoire face à une équipe B de Biarritz (59-17). Le plus problématique est sans doute l’évolution des prestations. Frustrante, irritante, puis franchement ratée contre le MHR. Le mot d’ordre est pas de panique. Mais, entre les lignes, quelques agacements, voire une pointe d’inquiétude, commencent à poindre.

Redescendre du nuage

C’est Ronan O’Gara en personne qui l’exige. «Deux finales, c’est magnifique pour certains mais c’est le passé. On doit oublier ces finales, notre équipe est différente, la saison est différente.» Et le regard des adversaires sur le Stade Rochelais est, lui aussi, différent. «Il faut qu’on arrête de penser qu’en étant vice-champions de France et vice-champions d’Europe, les mecs en face vont nous laisser tranquilles. On est bien reçu. C’est comme ça, à nous d’assumer», rappelle le pilier tricolore Uini Atonio. Qui, corollaire, pointe un manque d’engagement. Une envie moins grande de se faire mal. Comme si ce nouveau statut avait eu un peu raison de l’esprit de l’an passé. «Ces essais en première main concédés contre Biarritz, ce n’est pas nous, ça. Ça ne nous ressemble pas. On ne laissait pas passer des trucs comme ça la saison dernière…»

« La saison dernière, elle est finie, martèle en écho Romain Carmignani, le coentraîneur des avants. On est bien en 2021-2022. Il faut qu’on se le mette en tête. Il y a de nouveaux joueurs, l’intersaison a été courte, ce n’est pas une excuse mais il y a des réglages à avoir.» Ces souvenirs d’une saison réussie, malgré les deux échecs en finale, d’une domination fréquente, en particulier devant, brouillent la raison. Nourrissent un peu de suffisance. Contre Toulouse et le Racing, les Rochelais ont péché par orgueil. Refusant de tenter des pénalités aisées pour jouer des pénaltouches. Stériles. Les groupé-pénétrant, qui faisaient la force des Maritimes il y a quelque mois, ne sont plus aussi efficaces. Un peu moins de détermination chez eux, un peu plus de décryptage chez l’adversaire pour, au final, des points faciles qui s’envolent.

Trouver le bon discours

La saison passée, Ronan O’Gara était déjà le manager, mais, en fait, le numéro 2 sous la responsabilité du directeur du rugby Jono Gibbes, parti durant l’été à Clermont. L’ancien ouvreur du XV d’Irlande est donc désormais le big boss. Avec un discours réputé autoritaire qui ne semble pas porter ses fruits. À l’image de l’exaspération publiquement manifestée par le talonneur Pierre Bourgarit, peu après la pause, après une nouvelle touche perdue. Un geste d’humeur, de ras-le-bol qui n’est pas passé inaperçu. Il ne faudrait cependant pas en tirer de conclusions hâtives, à en croire Ronan O’Gara. «Je ne suis pas inquiet, assure le manager irlandais, apparemment adepte de la méthode Coué. Ça me déçoit pour les supporters, pour les familles qui adorent ce club. Mais on a vu que, quand on augmentait le tempo, la vitesse dans le jeu, les opportunités étaient là…»

À rapprocher des paroles du co-entraîneur des avants Romain Carmignani. «On crée beaucoup de situations à l’entraînement, on répète pour que ça devienne des automatismes.» Mais les maladresses, beaucoup plus fréquentes que la saison passée, réduisent trop souvent tout ce travail à néant. « Si on avait marqué ces essais, on ne parlerait même pas de cette situation », soupire Uini Atonio. Mais c’est bien là le problème. Le Stade Rochelais marque peu d’essais, l’orgie offensive contre l’équipe B de Biarritz masquant ce manque de réalisme. «C’est le début. On n’a changé que cinq ou six joueurs mais ça reste une nouvelle équipe. Et une équipe, ça se construit sur la première partie de saison», démine Uini Atonio.

Remettre le jeu d’aplomb

La petite phrase a fait sursauter. «Se préparer une semaine et jouer comme ça… Non, ce n’est pas le but. Peut-être est-ce le moment de réfléchir sur ce qu’on va faire.» En creux, Ronan O’Gara confirme que ce n’est pas ça côté jeu. Il faut dire que les ingrédients ne sont pas forcément mis non plus. À Montpellier, ça a d’ailleurs sauté aux yeux. «On va faire des vidéos pour comprendre qu’est-ce qu’un plaquage, qu’est-ce qu’un ruck», a balancé un O’Gara très irrité. Son troisième ligne Rémi Bourdeau, n’a pas démenti ce constat. «On s’est fait prendre dans l’engagement. Les rucks ? Il va falloir mettre plus d’intensité pour éviter que ce soit une décision à 50-50. On a aussi eu des difficultés en conquête, ce qui ne nous était encore jamais arrivé depuis le début de saison. Et peut-être qu’on ne respecte pas assez notre plan de jeu… Les trois cumulés font qu’on sort un mauvais match. » Et d’ajouter : «On sait de quoi on est capables mais, c’est vrai qu’il va falloir remettre les choses à l’endroit au plus vite pour se rassurer et prendre des points.»

On remarquera la pointe de déni, à nouveau : les Rochelais savent de quoi ils sont capables… Il ne suffit cependant pas de le dire. Avant d’affronter, et de battre, Biarritz, Kevin Gourdon avait déjà eu ce discours un brin désinvolte. «On est à trois défaites, mais quand on regarde le contenu, on est loin d’être à la rue, assurait alors le troisième ligne. . Je préfère qu’on ait des secteurs clés à travailler plutôt que de tout avoir à construire. Je suis assez confiant. » Jusque quand Les Rochelais le resteront-ils ?

Dernier point, et pas le moins inquiétant, le Stade Rochelais peine à trouver son maître à jouer. Le Néo-Zélandais Ihaia West, qui s’était raté lors des deux finales la saison passée, est toujours aussi emprunté, limité. Les dirigeants voulaient s’en séparer, avant de le prolonger d’une saison faute de lui avoir trouvé un remplaçant… Jules Plisson ne fait guère mieux. Imprécis face aux perches, pas toujours bien inspiré balle en mains, pas irréprochable en défense… Lui non plus ne sera pas conservé en fin de saison (et en fin de contrat). Il se murmure que les yens japonais pourraient l’attirer. Bref, deux 10 tout sauf indiscutables. Samedi, à Montpellier, le staff des Maritimes a déplacé la recrue en provenance de Vannes, Pierre Popelin, de l’arrière à l’ouverture. Un bricolage qui ne suffira pas à métamorphoser le jeu rochelais.

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