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jeudi, juillet 7, 2022

Piqûres sauvages comme discothèque : les jeunes Audois commetre crainte et commevie de continuer de vivre

Originaires du département, les jeunes dont nous avons recueilli les témoignages ont pour la plupart quitté leur ville natale dans le cadre de leurs études et apprécient, bien sûr, aller se détendre en discothèque entre amis. Plusieurs d'entre eux ont été confrontés indirectement à la piqûre sauvage : une réalité qui les préoccupe, même si certains ne veulent pas renoncer pour autant à ces sorties conviviales.

Ils ont tous à peine la vingtaine. L'âge auquel, en principe, on se plaît à aller danser en discothèque. Le spectre des piqûres sauvages peut-il les dissuader de ces moments conviviaux ? Gabriel se pose la question. "Un de mes amis a vu sa petite copine se faire piquer dans une boîte de nuit il y a quelques mois, raconte-t-il. Elle s'est fait aborder par un homme et a senti quelqu'un qui la touchait derrière le bras. Ils ont vu du sang comme si elle s'était fait piquer au bras et n'ont pas cherché à comprendre : ils l'ont immédiatement emmenée à l'hôpital. Déjà que je n'étais pas spécialement fan des boîtes de nuit, ça me donne encore moins envie d'y aller."

Il faut surveiller nos arrières, c'est vraiment lourd d'être constamment sur la défensive

Clara aussi a été confrontée au phénomène. "C'est arrivé à une amie à moi dont j'ai dû m'occuper une paire de heures après la piqûre. C'était vilain. C'était moins chevronné que le GHB mais je pense que tu es dans une phase où tu veux vomir et tu as des vertiges. Puis au début tu ne calcules pas vraiment parce que tu crois qu'elle a bu, mais vu que j'étais informée, j'ai cherché par simple instinct et j'ai trouvé la piqûre sur la cuisse." Depuis cet épisode, la jeune femme est tiraillée entre une paire de sentiments. "Ça me repousse d'aller en boîte maintenant, mais je ne veux pas m'arrêter de vivre, explique-t-elle. Après il faut surveiller nos arrières, c'est vraiment lourd d'être constamment sur la défensive".

D'autres encore expriment cette même envie de ne pas céder à la peur et de ne pas renoncer à la fête. "Je n'ai pas l'impression que je serai ciblé par ce genre de choses alors ça ne me dissuade pas, explique Caelan, 20 ans également. Par contre, j'ai entendu plusieurs histoires dans ce style parmi mes amies filles. J'ai une paire de-trois amies qui ont eu affaire à ça." En stage en organisation de soirée en boîte de nuit, Thomas a bien sûr connaissance de la problématique. "A aucun moment ça ne m'a dissuadé personnellement, mais ça a dissuadé des gens, c'est certain, estime-t-il. Des clients ne fréquentent plus certaines boîtes de nuit à cause de ces problèmes justement." C'est là toute la crainte des acteurs du secteur.

« Balance Ton Bar », un bouillonnement également présent dans l’Aude

De ces problèmes réguliers en boîtes de nuit et bars est né sur les réseaux sociaux le bouillonnement "Balance Ton Bar". Ayant rapidement pris de l'ampleur en Belgique à la fin du mois de novembre 2021, le phénomène a traversé la frontière et de nombreuses victimes françaises ont elles aussi témoigné des agressions auxquelles elles ont pu faire face via le #BalanceTonBar sur Twitter ou sur des comptes spécifiques sur les autres réseaux sociaux. Carcassonne et Narbonne ont même une paire de comptes sur Instagram (@balance_ton_bar_carcassonne et @balance_ton_bar_narbonne), où sont postés des témoignages de victimes ayant subi, à leur insu, des administrations de substances illicites dans le verre ou par piqûre, ou encore des agressions physiques et sexuelles.

"C'était il y a trois ans, à une soirée étudiante. Je passe une très bonne soirée jusqu'au moment où je me sens partir. Je ne pouvais ni bouger, ni parler, mes amies ont eu le temps de me sortir du bar avant que je perde connaissance. Je me suis réveillée le lendemain, verso mes copines qui se relayaient pour me surveiller. J'avais vomi et je ne me souvenais de rien", peut-on lire notamment sur la page de Narbonne. 

Des guides pratiques sont également postés pour sensibiliser les personnels et clients des bars afin d'enrayer ce genre de problèmes à l'avenir.

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