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lundi, juillet 4, 2022

Paris précise ses menaces de sanctions contre le Royaume-Uni et Jersey

Elles pourraient être mises en place dès novembre si les pêcheurs français n’obtiennent pas davantage de licences de pêche avant le 30 octobre.

La menace revient régulièrement dans la bouche des membres du gouvernement français depuis plusieurs semaines : celle de sanctions contre le Royaume-Uni en réponse à l’accès limité aux eaux britanniques pour les pêcheurs français depuis le Brexit.

Contrairement à ce que prévoit l’accord du Brexit de décembre 2020, seules 200 licences de pêche ont été accordées aux marins français par Londres et Jersey. 230 sont encore en attente jusqu’au 30 octobre, date butoir pour la validation définitive de ces licences de pêche. Une situation qui provoque la colère française.

Sur demande directe d’Emmanuel Macron, tous les ministres sont appelés à réfléchir aux mesures de rétorsion possibles. Elles pourraient être appliquées début novembre s’il reste encore des pêcheurs sans licence et sans activité après le 30 octobre. Les contours de ces sanctions se précisent. Ce mercredi, en sortie du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a évoqué différents scénarios envisageables et assuré que le gouvernement en dévoilerait le contenu avant la fin de la semaine.

À VOIR AUSSI – Brexit: «J’ai envie d’en rire», les pêcheurs dubitatifs face aux menaces de la France envers Jersey

Tarif de l’électricité, accès aux ports et surtaxes douanières

La première piste concerne l’approvisionnement en énergie de Jersey, alimentée en électricité par la France via un câble sous-marin. Une coupure de courant n’est pas à l’ordre du jour. En revanche, le ministère de la Mer, en charge de ce dossier, envisage d’augmenter le tarif de l’électricité vendue à l’île anglo-normande.

Autre option envisagée, restreindre l’accès des navires de pêche britanniques aux ports français. Ces derniers sont nombreux à venir y vendre leurs marchandises pêchées pour qu’elles soient ensuite transformées par des industriels français.

Des mesures protectionnistes sont également à l’étude, en particulier la mise en place de surtaxes douanières sur les marchandises britanniques envoyées sur le continent européen notamment via le tunnel sous la Manche.

Mais ce genre de sanctions relève directement du marché commun européen et donc de Bruxelles. «On fait un appel du pied à la Commission pour qu’elle reprenne à son compte les sanctions que propose Paris. L’idée c’est d’avoir des sanctions au niveau européen», explique un conseiller de la ministre de la Mer Annick Girardin, qui reconnaît que le dossier est sensible. «On marche sur des œufs. On devra rester dans des sanctions proportionnées pour ne pas affecter un peu plus la relation déjà bien dégradée avec le Royaume-Uni.»

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