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lundi, juillet 4, 2022

Nordi Mukiele, dans le droit chemin

PORTRAIT – Critiqué pour ses erreurs de concentration à ses débuts, le néo-international tricolore de 24 ans avance à pas de géant du côté de Leipzig, adversaire du PSG ce mercredi en C1.

Un pas de côté pour mieux avancer vers les sommets. C’est ce qu’a fait Nordi Mukiele, dont l’avenir se situait «probablement dans l’axe», comme l’indiquait en 2018 son ancien entraîneur à Montpellier, Michel Der Zakarian. «Il peut dépanner sur un côté», ajoutait «MDZ». En fait, le natif de Montreuil fait mieux que dépanner à droite, comme il l’a encore démontré il y a deux semaines, lors de la défaite de Leipzig à Paris (3-2), avec un but et une prestation aboutie à la clé.

«On ne mérite pas de perdre», tempêtait-il sur RMC après la rencontre, estimant que les Taureaux rouges devaient repartir du Parc des Princes «la tête haute». «On a réalisé un bon match, je suis fier de ce qu’on a fait. Il y a des situations qu’on aurait pu mieux jouer, on a manqué d’un peu de chance et de justesse technique. C’est dommage. Mais il y a beaucoup de points positifs», avait-il relevé. Des points positifs dans le contenu, oui. Mais pas de point au classement.

« On peut battre n’importe quel club à domicile. »

Yussuf Poulsen

Du coup, les vice-champions d’Allemagne sont dos au mur avant la réception du PSG, ce mercredi (21h, en direct commenté). Battus lors de leurs trois premières sorties, ils seraient officiellement éliminés de la course aux 8es de finale de C1 avec une nouvelle défaite. Un nul pourrait même être rédhibitoire en fonction du résultat de Manchester City-Bruges (21h). «Nous croyons en nos chances», martèle le coach étasunien de Leipzig, Jesse Marsch, déjà le troisième depuis son arrivée à la Red Bull Arena pour Mukiele après Ralf Rangnick et Julian Nagelsmann. «Si on ne croit pas en nos chances, on peut tout de suite arrêter. Tout est ouvert jusqu’à la fin. Nous savons que nous sommes une très bonne équipe. On peut battre n’importe quel club à domicile», abonde Yussuf Poulsen.

À VOIR AUSSI – Mukiele en mars dernier : «Les Français, on s’adapte plus rapidement à Leipzig»

Pour cela, Leipzig pourra notamment compter sur sa colonie française, composée de l’ancien Parisien Christopher Nkunku, «le meilleur joueur sur le terrain avec Kylian Mbappé et Lionel Messi» au match aller, dixit coach Marsch, Mohamed Simakan et donc Mukiele, qui vit, à 24 ans, sa troisième saison en Allemagne. Passé par les équipes de jeunes du Paris FC avant de faire ses débuts en Ligue 2 à 17 ans avec Laval, il a passé une année et demie à Montpellier avant de traverser le Rhin. Transfert à 16 M€. Un record pour le MHSC.

Et une sacrée culbute, sachant que le club cher au président Laurent Nicollin n’avait même pas déboursé 2 M€ pour l’attirer dans l’Hérault en janvier 2017… «Je me doutais que les gens allaient être surpris», a indiqué l’intéressé à L’Équipe . Et d’ajouter : «Ça a été un choix réfléchi. Leipzig, c’est un club qui n’hésite pas à faire jouer les jeunes, avec une philosophie qui me plaisait.» Une chose est sûre : ce choix est payant.

Une première sélection qui en appelle d’autres ?

Longtemps, réputé pour son dilettantisme, Mukiele s’est mis dans le droit chemin en Allemagne. Au point de séduire Didier Deschamps, le sélectionneur national l’ayant appelé pour le rassemblement de septembre suite au forfait de Benjamin Pavard. Le tout avec une première cape face à la Finlande (2-0). «J’étais très fier et c’était un réel honneur d’être appelé en équipe nationale. C’est une vraie fierté de faire partie de l’équipe qui a été championne du monde. J’espère pouvoir être à nouveau appelé», disait-il avant l’aller face au PSG.

Qu’il semble loin le temps où Der Zakarian évoquait un «un gamin» qui avait encore trop souvent «la tête en l’air» et qui «pouvait encore mieux travailler à l’entraînement». «Il est bon dans le domaine aérien, dans les duels et il va vite. Le seul bémol vient de sa concentration», avait encore indiqué l’actuel coach du Stade Brestois, qui utilisait donc surtout ce beau bébé d’1,84m et 75kg dans l’axe. À Leipzig, il joue en position de défenseur central. Mais c’est surtout à droite qu’on le voit évoluer et même en piston dans un 3-4-3. «Je ne vais pas dire que je suis définitivement fixé à ce poste-là. Je prends du plaisir dans les deux. On verra au fil de ma carrière ce qui sera le mieux», avait-il indiqué il y a trois ans, dans cette même interview au quotidien L’Équipe, clamant par ailleurs son «envie de (ne pas se) construire sur un buzz ou sur une saison. J’ai envie de grandir.»

« Nordi a mûri au cours des trois dernières années. »

Jesse Marsch

C’est exactement ce qu’il a fait depuis ce moment-là, comme le relève Jesse Marsch. «Nordi a mûri au cours des trois dernières années. J’étais très fier de le voir avec l’équipe de France. Il m’a dit qu’il avait eu une impression positive et qu’il avait pu retirer beaucoup de cette expérience. Je suis vraiment content pour lui. C’est vraiment agréable de travailler avec lui», a indiqué le technicien US, confirmant l’impression de «MDZ», interrogé par Midi Libre. «Il a progressé dans la lecture du jeu, la concentration, le travail. À Montpellier, il était à l’écoute et avait cette envie d’aller loin. Au début avec Jonathan Ikoné, ils arrivaient tranquilles (sourire). Mais Nordi a vite compris et il s’est bien remis dans le droit chemin.» Et d’ajouter, pour L’Équipe cette fois : «Il y a des fois où il avait des sautes d’attention. Il aime vraiment le foot, il est à l’écoute. Il va progresser.»

En attendant, place au Paris-SG et à ce match à la vie à la mort de ce mercredi. «On a besoin d’une bonne performance de sa part contre le PSG», disait Jesse Marsch avant le match aller. Des propos qui sont évidemment encore d’actualité avant ce qui constitue la cinquième opposition en un peu plus d’un an entre les deux équipes.

Paris sans Messi, mais…

Leipzig avait d’ailleurs battu Paris à domicile la saison passée (2-1). Et il y a quinze jours, Nordi Mukiele et compagnie avaient mené au score avant de plier sur un doublé de Lionel Messi. Cette fois, la «Pulga» ne sera pas là. «Le collectif du PSG ne se résume pas qu’à un seul joueur», balaie coach Marsch, qui se souvient que «Neymar et Angel Di Maria n’étaient pas présents à l’aller. Ils seront là (ce) mercredi. Ce sera une tâche très difficile dans les un contre un.» Et peut-être pas seulement dans les un contre un, on peut l’imaginer…

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