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dimanche, août 7, 2022

Les femmes construisent un avenir durable : lutter contre le désert, au milieu des crises des réfugiés et du climat au Niger |

Dans les plaines poussiéreuses à l’extérieur de Ouallam, une ville située à environ 100 kilomètres au nord de Niamey, la capitale du Niger, des rangées verdoyantes de légumes poussent du sol dans des parcelles soignées. Ajoutant un contraste supplémentaire à l’environnement aride, des femmes vêtues de châles brillants marchent parmi les rangées, vérifiant les tuyaux d’irrigation et ajoutant un peu d’eau à tous les spécimens assoiffés.

© HCR/Colin Delfosse

Un réfugié malien à Ouallam, au Niger.

« Nous sommes très heureux de travailler ensemble »

Les quelque 450 femmes qui travaillent cette terre sont issues de trois communautés distinctes : certaines sont locales, d’autres ont été déplacées par le conflit et l’insécurité ailleurs au Niger, et les autres sont des réfugiés du Mali voisin.

« Nous avons fait cela tous ensemble avec les différentes communautés : les réfugiés, les déplacés et la communauté locale de Ouallam. Nous sommes très heureux de travailler ensemble », déclare Rabi Saley, 35 ans, qui s’est installée dans la région après avoir fui les attaques armées dans sa ville natale de Menaka, à 100 kilomètres plus au nord de l’autre côté de la frontière malienne.

Les produits qu’elle cultive – notamment des pommes de terre, des oignons, des choux, des poivrons et des pastèques – lui permettent de nourrir ses sept enfants et lui procurent un revenu en vendant le surplus sur un marché local. Depuis sa création, le projet de jardins maraîchers a également permis de faciliter l’arrivée de milliers de réfugiés et de déplacés internes dans la ville.

« Quand nous avons appris qu’ils allaient s’installer ici, nous avons eu peur et nous étions mécontents », se souvient Katima Adamou, une femme de 48 ans originaire de Ouallam qui a sa propre parcelle à proximité. « Nous pensions qu’ils allaient nous rendre la vie impossible, mais au lieu de cela, cela a été le contraire. »

© HCR/Colin Delfosse

Un réfugié malien cultive des légumes au jardin maraîcher de Ouallam, au Niger.

S’adapter au changement climatique

Les troubles politiques et les fréquentes attaques de groupes armés au Mali et au Nigéria ont poussé 250 000 réfugiés, la plupart originaires du Mali et du Nigéria, à chercher refuge au Niger, tandis que la violence à l’intérieur des frontières du pays a forcé 264 000 autres personnes déplacées à quitter leur foyer.

Pendant ce temps, le changement climatique fait grimper les températures au Sahel à 1,5 fois la moyenne mondiale, et les 4,4 millions de personnes déplacées de force dans la région sont parmi les plus exposées aux effets dévastateurs de la sécheresse, des inondations et de la diminution des ressources.

Dans le jardin maraîcher de Ouallam – une initiative lancée en avril 2020 par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés – les femmes ont appris à nourrir leurs plantes en utilisant l’irrigation goutte à goutte pour minimiser l’évaporation et préserver les rares ressources en eau.

Un avantage supplémentaire du projet est son rôle pour aider les Nigériens à s’adapter au changement climatique. En cultivant une large bande de terres autrefois dégradées près de la ville et en plantant des arbres, ils contribuent à conjurer la désertification qui menace de vastes régions du pays.

© HCR/Colin Delfosse

Une femme empile de nouvelles briques dans la briqueterie de Ouallam, dans un camp pour personnes déplacées et réfugiés au Niger.

Éléments constitutifs du développement durable

Dans une autre partie de Ouallam, un nouvel élan à l’intégration communautaire et à la protection de l’environnement provient d’une source moins probable. La briqueterie de la ville emploie 200 hommes et femmes – réfugiés, déplacés internes et locaux – dans la fabrication de briques en terre stabilisée.

Fabriquées en combinant le sol avec de petites quantités de sable, de ciment et d’eau avant le compactage et le séchage au soleil, les briques emboîtables réduisent le besoin de mortier de ciment pendant la construction. Surtout, ils éliminent également le besoin de brûler de grandes quantités de bois rare ou d’autres combustibles utilisés dans la cuisson des briques d’argile traditionnelles.

« Après, ces briques sont utilisées pour construire des maisons pour les personnes soutenues par le HCR – les réfugiés, les déplacés internes, ainsi qu’une partie de la communauté d’accueil vulnérable », a expliqué Elvis Benge, responsable des abris du HCR au Niger.

« En fin de compte, les réfugiés et les populations qui les accueillent sont les moteurs du changement et peuvent subvenir à leurs besoins et assurer la résilience de leurs communautés », a ajouté Benge.

De retour dans le jardin maraîcher, après avoir travaillé avec ses nouveaux voisins pour relever le défi de la survie quotidienne ainsi que des crises marquantes échappant à leur contrôle, Mme Saley se tient entourée des fruits de son travail et réfléchit au travail bien fait.

« Nous sommes devenus une seule communauté – je me suis même mariée ici! » elle dit. « La femme fleurit, comme les plantes !

Cette histoire fait partie de la série multimédia UN News mettant en vedette des femmes à la tête d’initiatives pour un avenir plus durable et équitable, publiée avant la Journée internationale de la femme de cette année, le 8 mars.

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