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lundi, juillet 4, 2022

le fabuleux destin de Thibaut Flament

Il a découvert le rugby en Belgique, s’est aguerri en Argentine avant de se révéler en Angleterre. Le nouveau deuxième-ligne des Bleus, désormais au Stade Toulousain, se singularise par son «parcours atypique ». Trajectoire non identifiée…

Fabien Galthié l’a énoncé solennellement. D’ici la Coupe du monde 2023, le sélectionneur espère découvrir un ou deux OVNI pour renforcer son équipe de France. À savoir des joueurs hors normes, passés sous les radars avant de se révéler soudainement. À l’image de Momo Haouas, Gabien Villière ou Melvyn Jaminet ces derniers mois. Thibaut Flament, qui honorera samedi soir face à l’Argentine sa première sélection à 24 ans, a le profil idoine. Et la trajectoire définitivement non identifiée.

Né à Paris en 1997, il quitte la France en 2000 dans le sillage de son papa. Direction Singapour. Puis la Belgique en 2005. Où il découvre ce drôle de ballon ovale. Au club de… Waterloo. Ça ne s’invente pas, convenez-en. Et malgré sa grande taille (il mesure aujourd’hui 2,03 mètres), s’obstine à s’entraîner au poste de demi d’ouverture. Celui de son père Eric, qui fut un 10 amateur de bon niveau au Stade Français.

Dix ans plus tard, tout juste majeur, le grand échalas, qui est également un excellent élève, part suivre ses études à Loughborough, en Angleterre. Son niveau rugbystique laisse circonspect la prestigieuse université, où on ne plaisante pas avec ce sport d’élites, avec pas moins de cinq équipes, la meilleure évoluant en division 3 anglaise. Thibaud Flament débute logiquement dans la plus faible. Mais ses entraîneurs parviennent à le convaincre de jouer à un poste qui correspond à son gabarit. Il découvre au passage la musculation, et le voilà qui grimpe doucement dans la hiérarchie des… deuxièmes-lignes.

Deux ans plus tard, il s’envole pour l’Argentine où il va effectuer son stage de troisième année à l’ambassade de France. Il entre en contacts avec le club de Newman (première division). Qui l’accueille avec plaisir. «J’ai eu un déclic là-bas ! Je voulais devenir pro, mais je me mettais trop de pression. Je ne prenais plus de plaisir sur le terrain. En voyant mes potes argentins qui jouaient au rugby pour se marrer, j’ai commencé à changer ma philosophie de vie. Je me suis enfin mis à profiter… » Avec Newman, il perd en finale du championnat avant de rentrer en Angleterre. Où, métamorphosé, il intègre enfin l’équipe 1. Où il est très vite repéré, et recruté, par l’équipe de Premiership (l’équivalent du Top 14) des Wasps.

Repéré par Pierre-Henry Broncan, l’ancien recruteur du Stade Toulousain

Le titulaire d’une licence en commerce international progresse encore, dispute bientôt ses premiers matchs professionnels.Et tape dans l’œil de Pierre-Henry Broncan, entraîneur de Bath et ancien recruteur du… Stade Toulousain. Qui signale immédiatement la pépite à Ugo Mola. Et c’est ainsi que le désormais solide gaillard, sans jamais avoir joué en France, reçoit un texto du manager du club haut-garonnais l’invitant à rejoindre le Stade Toulousain. Chose faite en octobre 2020.

« Il s’endormait avec le poster de l’équipe de France au plafond. Chaque soir, son dernier regard maillot était pour le maillot tricolore. »

Fabien Galthié

Un an plus tard, le voilà titulaire en bleu dès sa première sélection. Et l’objet de tous les compliments du staff du XV de France. « Ce joueur a toujours été habité par cette flamme. Son père nous a confié qu’il s’endormait avec le poster de l’équipe de France au plafond. Chaque soir, son dernier regard maillot était pour le maillot tricolore, c’est un destin particulier. Très particulier même en regardant son parcours. Celui d’un rugbyman anglo-saxon, d’un globe-trotter», a souligné Fabien Galthié à l’heure d’annoncer la première sélection du joueur formé en Belgique. «Nous nous attachons également au profil de l’homme, a prolongé le manager Raphaël Ibanez. Ses différentes expériences à l’étranger démontrent son ouverture d’esprit. Malgré son jeune âge, il a déjà beaucoup d’expérience internationale avec son parcours atypique.» Celui d’un OVNI.

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