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lundi, juillet 4, 2022

Jérôme Boateng, déjà le patron de la défense de l’OL

Arrivé en provenance du Bayern, où il a passé ses dix dernières années, Jérôme Boateng poursuit avec brio son acclimatation à Lyon. Où il surpasse même les attentes des plus sceptiques.

Un champion du monde à Lyon. La même rengaine a accompagné la venue surprise de Jérôme Boateng à l’OL, où peu de monde attendait un joueur d’une telle envergure. Mais le défenseur de 33 ans, en fin de contrat au Bayern, a bien posé ses valises entre Rhône et Saône. Des valises lestées de leur lot d’incertitudes, au sujet d’un joueur que d’aucuns pensaient sur le déclin. Des doutes balayés en à peine deux mois.

Impérial contre Monaco samedi dernier (2-0), Boateng a signé son premier match complet avec l’OL. Un match référence. «Je suis en train de progresser mais je ne suis pas encore à 100%, martelait modestement l’intéressé après la rencontre. Je me connais bien, je sais que je serai vraiment revenu quand je pourrai enchaîner des matches complets tous les trois jours.» A commencer par le déplacement à Prague, où l’OL espère signer la passe de trois en Ligue Europa ce jeudi (21h). La présence du berger allemand semble primordiale à ce dessein, tant la défense rhodanienne paraît stabilisée dès qu’il est sur le pré.

Rampe de lancement

Le spectre de l’erreur de casting a vite été balayé par le natif de Berlin, qui a su endosser le rôle de leader d’une défense lyonnaise orpheline de Marcelo, écarté par la direction. Déjà très en vue lors des chocs à Paris (1-2) et Saint-Etienne (1-1), où l’OL avait gardé sa cage inviolée jusqu’à sa sortie, l’Allemand brille grâce à des qualités entrevues depuis des années. «Boateng est très bon dans le duel et dans la lecture du jeu, quand il a le jeu face à lui, analyse Patrick Guillou, consultant Bundesliga sur les antennes de beinSport depuis bientôt cinq ans. Il excelle quand il n’a pas à se retourner pour gérer la profondeur.»

À ses qualités d’anticipation, le défenseur passé brièvement par Manchester City (16 matches entre 2010 et 2011) ajoute une impeccable relance, un prérequis pour Peter Bosz, adepte du jeu de possession et donc de relance propre. Capable de casser des lignes, comme lorsqu’il lance – du mauvais pied – Karl Toko-Ekambi contre Monaco (21e), Boateng se révèle être une plus-value aussi bien défensive qu’offensive pour l’OL. «Il peut briller par ses ouvertures, à la manière d’un quarterback, relève Guillou. Il est capable d’aller jouer de longues transversales.» Dans L’Equipe, Claudio Caçapa, adjoint de Peter Bosz en charge des défenseurs, corrobore : «Il a les deux pieds et sa présence nous permet d’avoir une très bonne première relance. Il sait renverser le jeu, mais aussi trouver des partenaires entre les lignes.»

Un savant mélange qui permet au Berlinois de se fondre idéalement dans un système taillé sur mesure. «S’il a le jeu face à lui, dans un bloc médian voire un bloc bas et qu’il n’a pas trop de courses à faire… c’est peut-être encore un des meilleurs à son poste», s’enthousiasme Guillou.

L’hypothèse d’un retour en sélection

Un statut que personne n’osait plus lui conférer depuis sa glissade en mai 2015 devant la vivacité de Lionel Messi. Une glissade passée à la postérité qu’il avait lui-même commentée cinq ans plus tard, au moment où le foot s’est arrêté en raison de la pandémie : «Il vaut mieux en rire dans ces temps compliqués. En attendant, je vais aller chercher quelques pop-corn et… Regarder la finale de la Coupe du monde 2014.»

À Rio de Janeiro un an plus tôt, Boateng avait bien muselé la Pulga, parachevant un Mondial 2014 de haute volée, qui l’avait alors consacré comme l’un des tout meilleurs défenseurs de la planète. Associé à Mats Hummels, l’autre point culminant de l’arrière-garde allemande, le longiligne défenseur de 1m92 faisait les beaux jours de la Nationalmannschaft. Une vérité qui se conjugue désormais au passé pour celui qui a fêté ses 33 ans en septembre. Depuis le fiasco du Mondial 2018, il est écarté de la sélection, au même titre que son partenaire Hummels, avec qui il partage le même nombre de sélections (76).

Pour mieux y revenir ? La nomination au poste de sélectionneur d’Hansi Flick pourrait rabattre les cartes. L’ancien entraîneur du Bayern a activement participé au retour en grâce de son ex-défenseur, miné par les blessures et un temps dispersé en dehors du sportif (il a été condamné en septembre pour violences conjugales). «Dans la constance et l’exigence au quotidien, il a pu se perdre un peu en route, notamment en raison d’évènements extra-sportifs mais Hansi Flick a réussi à ce qu’il se recentre sur le football», note Guillou, qui a pu l’observer tous les week-ends pour la chaîne franco-qatarie.

Avec l’impassible manager allemand, Boateng a retrouvé de sa superbe, participant activement au triomphe en Ligue des champions en 2020. Et depuis sa nomination réussie à la tête de la Mannschaft, déjà qualifiée pour le prochain Mondial, Flick a prouvé que les statuts n’étaient pas figés, puisqu’il a rappelé son ancien joueur Thomas Müller, lui aussi placardisé depuis fin 2018. Un schéma appelé à se rééditer avec Boateng ? «Il faut que les planètes soient alignées, tempère le spécialiste du football allemand. Il faut qu’il soit épargné par les blessures musculaires t qu’il soit présent sur la scène européenne comme sur les très gros matches de Ligue 1.» Ce qu’il fait pour l’instant, sans pour autant être à 100%…

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