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jeudi, juillet 7, 2022

«Je ne fais pas encore de sauts périlleux arrière, mais ça va venir…»

Une grosse heure après la victoire, le sélectionneur s’est enfin présenté devant les médias. Avec une émotion retenue. Et quelques grands sourires qui en disaient long sur sa fierté.

Quelle est votre réaction avec ce Grand Chelem attendu depuis douze ans ?
Fabien Galthié. Formidable. Très heureux. Il y a tout… On a tous traversé le terrain après le coup de sifflet final pour partager avec nos proches. Ça donne du sens à ce qu’on fait de partager avec les gens qui nous suivent, nos familles. Elles nous soutiennent et sont heureuses pour nous. Quand on voit leurs sourires, leurs émotions…

Vous ne semblez pas euphorique…
Je ressens beaucoup de joie. Pour l’instant, je ne fais pas de sauts périlleux arrière, mais ça va venir. Chaque chose en son temps. Là il faut rester sérieux pour répondre aux questions (sourire).

Vous avez soulevé le trophée en tant que capitaine en 2002. La sensation est-elle différente cette fois ?
La différence, c’est vingt ans. Une vie, un long chemin auquel on ne s’attend pas. Mais il n’y a pas de hasard. Je crois beaucoup au chemin, au destin… Je me souviens, en 2002. Il faisait jour, il faisait beau. C’était un dimanche contre l’Irlande. C’est chouette de toucher de nouveau cette sensation avec ces gars. La différence est là. Vingt ans plus tard, tu n’es plus sur le terrain. Tu es en tribunes.

« On est surtout heureux de rendre les gens heureux. On reçoit tellement de messages qui nous le disent… »

Quelle était l’ambiance dans les vestiaires après le match ?
Il y a beaucoup de monde dans les vestiaires. Le général Alain Lardet, qui commande la Légion étrangère qui nous avait accueillis en stage avant ce Tournoi, beaucoup de colonels… Mais c’est tranquille et heureux. Comme il y a beaucoup de fatigue, c’est apaisé. Mais je ne crois pas que ça va durer (sourire). Pour le moment, on est surtout heureux de rendre les gens heureux. On reçoit tellement de messages qui nous le disent…

Comment votre équipe a-t-elle abordé cette rencontre décisive ?
C’était un peu différent. Il y avait beaucoup de tension liée à l’attente, à l’échéance, à la symbolique. Je dirais donc que c’était sublimement tendu. On n’avait pas encore vécu ce type de match, avec beaucoup d’enjeux sur chaque phase de jeu, des décisions qui pouvaient inverser cours de la rencontre. C’est une expérience incroyable à vivre qui va nous faire grandir encore.

Avez-vous tremblé en début de seconde mi-temps quand les Anglais inscrivent leur unique essai pour revenir dans le match ?
C’est clair ! À la mi-temps, on avait insisté sur le fait qu’on devait marquer avant eux pour les mettre plus loin au score. On ne le fait pas et, au contraire, les Anglais reviennent dans la partie, à 6 points. C’est ce qu’on a vécu sur tous les grands matches. On est rodé sur ce scénario qui ressemble à ceux contre les All Blacks, l’Irlande… Il faut alors remettre une intensité maximale. Il y a de l’enjeu sur chaque choix, sur chaque geste défensif. Tous les choix comptent et c’est très intense.

« La tension nous a sautés dessus d’un coup, malgré notre volonté de détachement envers les pensées nocives ».

Ce Grand Chelem annonce d’autres grands jours…
Quand tu gagnes, ça veut dire que tu as fait les bons choix, que tu travailles bien, que tu construis bonne équipe, que tu prends la bonne direction. On dépasse les 75% de victoires (76% exactement, 19 en 25 matches, NDLR) ; lundi on sera numéro 2 mondial… On est sur le bon chemin avec une équipe jeune, de 26 ans et 20 sélections de moyenne, qui va encore grandir et s’améliorer. Il n’y a aucune raison qu’elle ne continue pas à progresser. Là, on a joué ce match avec cette tension qui nous a sautés dessus d’un coup, malgré notre volonté de détachement envers les pensées nocives. Il faut vivre ces finales, elles permettent d’acquérir toujours plus de vécu commun.

Pensez-vous déjà la Coupe du monde ?
C’était notre 25e match. La finale de la Coupe du monde sera le 46e. C’est assez clair dans nos têtes…

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