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lundi, juillet 4, 2022

Forte émotion à l’inauguration du stade Christophe-Dominici, qui «fait désormais partie du patrimoine de Paris»

REPORTAGE – Le stade où s’entraîne le Stade Français Paris a été renommé ce mercredi en hommage à l’ancien ailier emblématique décédé brutalement il y a presque un an. Un moment fort pour l’ensemble du club parisien.

La plaie n’est pas encore cautérisée. Loin de là. L’émotion est encore forte, à fleur de peau, pour tous ceux – nombreux – qui ont connu Christophe Dominici, brutalement décédé le 24 novembre 2020. Et, ce mercredi, un vibrant hommage à l’ailier insaisissable, héros de la demi-finale d’anthologie en 1999 contre les All Blacks, a été rendu à Paris. Le stade où s’entraîne le Stade Français, dans le bois de Boulogne, qui s’appelait jusque-là le stade du Saut du Loup a été débaptisé pour devenir le stade Christophe-Dominici. Moins d’un an après sa disparition tragique.

Et, aux côtés de son épouse Loretta, de ses filles Chiara et Mya, et de son père «Jeannot», c’est tout le Stade Français, d’hier à aujourd’hui, qui a tenu à participer à ce moment fort. La liste est longue de ceux qui avaient fait le déplacement. Ses anciens coéquipiers (Franck Comba, Christophe Moni, Sylvain Marconnet, Mathieu Blin, Jérôme Fillol), son ex-président et ami intime Max Guazzini, son ancien manager Alain Elias, mais aussi les joueurs actuels du club parisien, avec l’actuel manager Gonzalo Quesada et son adjoint Julien Arias… Tous étaient là pour «Domi».

Les plus fervents abonnés du club avaient été conviés à la cérémonie, l’équipe des jeunes de moins de 12 ans était là aussi et les rugbymen en herbe avaient revêtu pour l’occasion un t-shirt hommage, rose, avec le visage à l’icône parisienne. Thomas Lombard, devenu directeur général du club de la capitale, a été le premier à prendre la parole. «Je n’ai pas voulu préparer quelque chose de particulier, je voulais de la spontanéité comme il était sur le terrain. Ce n’était pas un joueur comme les autres.» Et de remercier la mairie de Paris qui a voté ce «naming» à forte valeur symbolique. «Si le Stade Français représente ce qu’il est aujourd’hui, c’est grâce à Christophe, qui représentait une forme d’insolence et d’irrévérence.»

« Domi » va désormais faire partie du patrimoine de la ville de Paris. On peut dire que « Domi » c’est le Stade Français

Pierre Rabadan

Thomas Lombard poursuit : «Il irradiait sur en en dehors du terrain. Si tu avais besoin de quelque chose, tu avais à peine raccroché le téléphone qu’il était déjà là.» Le père de «Domi», «Jeannot», a fait le déplacement depuis le Var. En larmes, la voix chevrotante, il s’avance à son tour au micro et remercie tout simplement tous les gens qui ont fait le déplacement. Il n’en dira pas plus, submergé par les sanglots.

Vient alors le tour de Pierre Rabadan, la voix est chargée et l’œil brillant lui aussi. Il est directement à l’origine de ce projet, lui qui est devenu adjoint à la maire de Paris Anne Hidalgo, chargé des sports. «L’émotion me rattrape vite, je vais essayer de ne pas me faire rattraper, pose-t-il. On est toujours dans la peine, on se remet difficilement, on a toujours du mal à réaliser…»

Néanmoins, Pierre Rabadan, véritable enfant du Stade Français où il a commencé chez les jeunes avant d’y faire toute sa carrière, est «fier» de voir ce stade champêtre, ce petit îlot de verdure en pleine ville, composé de trois terrains, s’appeler désormais du nom de celui qui est «pour certains un fils, pour d’autres un frère, un compagnon, un ami». « »Domi » va désormais faire partie du patrimoine de la ville de Paris. On peut dire que « Domi » c’est le Stade Français, souligne l’ancien troisième-ligne. Paris, c’était son petit paradis. Et désormais, cela permettra aux générations futures de se rappeler de lui.»

Honnêtement, je ne me suis pas remis de cette histoire-là. Je suis du Sud et dès que je descends à Hyères, je vais au cimetière

Max Guazzini

En plus d’une traditionnelle plaque commémorative, la mairie de Paris a commandé au célèbre artiste de street-art C215 une œuvre, représentant le visage de l’ancien ailier, qui sera également affichée dans l’enceinte. «De là où il est, on peut être sûr qu’il aurait le sourire», imagine Pierre Rabadan. Pour finir, tout le monde s’est rassemblé devant l’entrée du désormais «stade Christophe-Dominici» et le panneau officiel a été dévoilé. Sous les applaudissements. Un dernier moment fort durant lequel Max Guazzini n’a pas pu retenir ses larmes.

«Je suis très ému. Christophe était quelqu’un qui m’était très cher. Je n’ai jamais caché aux autres que c’était mon joueur préféré. Là, c’est irréel de voir un stade qui s’appelle Christophe-Dominici. Regardez, je le vois toute la journée, c’est mon fond d’écran, nous confie-t-il en brandissant son smartphone. Honnêtement, je ne me suis pas remis de cette histoire-là. Je suis du Sud et dès que je descends à Hyères, je vais au cimetière. Voir son nom sur une tombe, c’est irréel… Lui qui était plein de vie.»

Le décès de «Domi» a profondément marqué le rugby français. Avant d’inaugurer le stade Christophe-Dominici, le Stade Français s’était associé au RC Toulon – les deux clubs où il a évolué – pour créer un trophée en son nom, remis en jeu chaque saison lors des deux confrontations entre Parisiens et Varois. Un autre moyen de faire perdurer le souvenir du «premier joueur ultra-médiatisé au-delà du rugby», rappelle Pierre Rabadan. À la suite de ce bel hommage, un dernier pot a été organisé pour les intimes et les proches. Mais pour tous, comme le résume Thomas Lombard, «la vie est plus monotone sans Christophe».

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