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mardi, octobre 4, 2022

qu’est-ce que l’article 6 des accords de Paris et pourquoi sera-t-il au centre des débats ?

Sans un consensus à Glasgow, l’impact réel des efforts de compensation des émissions de CO2 risque d’être surévalué.

Six ans après, plusieurs points des accords de Paris restent flous, faute d’en avoir précisé les modalités pratiques. C’est en particulier le cas de l’article 6 qui traite de l’aide des pays riches au pays en développement dans la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Certes louable dans sa démarche, cet article est encore trop obscur pour permettre une coopération mondiale de lutte contre le changement climatique.

Par exemple, la Suisse s’est engagée en 2020 à compenser une partie de ses émissions de GES par le biais de financement de projets d’absorption du CO2 au Ghana. Ces projets permettront à Berne d’avancer dans son objectif de réduire de 50% ses émissions carbone. Mais qu’en est-il pour le Ghana ? Puisque ces projets ont lieu sur son territoire, il aurait tout lieu de les comptabiliser lui aussi dans son effort national de réduction des émissions de GES.

Pas de consensus

En réalité, «cela reviendrait à compter deux fois au lieu d’une seule le même effort» explique Gérald Maradan, cofondateur et directeur général d’EcoAct, qui évalue les engagements des grandes entreprises en matière de responsabilité sociétale. La même question se pose avec le financement par des entreprises de projet pouvant impacter le bilan carbone d’autres entreprises.

Pour ne pas surestimer l’impact réel des efforts entrepris, une formalisation de l’article 6 est nécessaire. Mais celle-ci a été repoussée à chacune des deux dernières COP, faute d’un consensus au sein de l’ensemble de la communauté internationale. «La veille, on assistait la mort dans l’âme à l’annulation du texte provisoire parce que tous les pays n’avaient pu se mettre d’accord» déplore Gérald Maradan. Le responsable espère qu’il n’en sera pas de même cette fois.