8.9 C
Paris
mardi, octobre 4, 2022

Serie A : Osimhen entre en éruption

Le Napoli reprendra la tête de Serie A en cas de victoire à domicile contre Bologne ce jeudi (20h45). Une belle santé qu’il doit en grande partie à l’ancien Lillois Victor Osimhen.

Victor Osimhen a bien cru offrir la victoire aux siens contre la Roma dimanche (0-0). Rapidement signalé hors-jeu, l’attaquant nigérian n’a pu rééditer le même exploit qu’une semaine auparavant, quand il avait délivré les siens contre le Torino en fin de rencontre (1-0). Un costume de sauveur nouveau mais enfin taillé pour l’attaquant de 22 ans, qui réalise un début de saison remarqué sur les bords du Vésuve.

Au point de se faire une place de titulaire indiscutable au sein d’un effectif pourtant déjà fourni en qualité. Ainsi depuis son carton rouge reçu lors de la première journée contre Venise (2-0), le natif de Lagos a enchaîné sept titularisations en Serie A, pour un bilan de cinq buts et une assist. Des états de service qui lui permettent d’être élu joueur du mois de septembre en Serie A. «Je suis très fier de la reconnaissance qui m’est accordée, s’est alors réjoui l’intéressé. J’espère continuer à bien faire.»

À VOIR AUSSI – Le meilleur d’Osimhen à Naples la saison dernière

Comme en Ligue Europa, où l’attaquant nigérian compile des statistiques autrement plus parlantes, avec quatre buts en trois matches, dont un doublé salvateur à Leicester lors de la première journée (2-2). Un doublé empreint de classe et de vélocité, illustrant à merveille la palette technique de l’attaquant des Super Eagles (19 sélections, 10 buts).

Une palette plus complète

Attaquant de rupture à Lille, où sa vitesse avait mis à l’épreuve nombre de défenseurs de Ligue 1, Osimhen devient peu à peu un avant-centre complet. «C’est comme une Formule 1, il est le mélange parfait entre force et vitesse», résume Giampiero Ventreno, préparateur physique du Napoli, dans le quotidien local Il Mattino. Moins brouillonne, la nouvelle coqueluche du Stade Diego-Armando-Maradona s’illustre désormais par son jeu de tête. Comme contre Leicester (voir plus haut) ou contre le Torino, où il s’est élevé à 2,52 m de haut pour embraser son public en catapultant le but de la victoire. Contre la Roma, c’était encore de la tête qu’il pensait avoir donné la victoire aux siens. Ce qui aurait constitué en outre une belle revanche sur le public romain, accusé de cris racistes à son encontre après le match.

Si je devais choisir entre Mbappé et Osimhen, je choisirais Osimhen

Walter Sabatini, ex-directeur sportif de Bologne

Régulièrement dithyrambique à son sujet, son entraîneur Luciano Spaletti l’encourage néanmoins à faire toujours mieux. «Osimhen a encore des choses à apprendre avant de devenir un super tueur à gages, notait-il mi-septembe. Pour le comparer aux tous meilleurs attaquants du monde, il a besoin d’améliorer la précision de ses choix, à la fois dans la finition et dans le choix des courses. Il court parfois sans raison.»

Depuis, Osimhen a continué d’empiler les buts et est devenu joueur du mois, donc. Interrogé par le Corriere dello Sport en amont du Naples-Bologne de jeudi (20h45), Walter Sabatini, directeur sportif du club bolognais jusque fin septembre, a fait l’éloge de l’attaquant nigérian : «Si je devais choisir entre Osimhen et Mbappé, je choisirais Osimhen. Il est imparable car il joue tous les ballons, même les plus difficiles, et les bonifie.» Luciano Spaletti abonde désormais, non sans mauvaise foi teintée d’un sourire : «Je suis d’accord et j’ai toujours pensé cela».

A la recherche du temps perdu

En peu de temps, Osimhen, unanimement décrit comme «solaire», «à l’écoute» et «toujours en quête d’apprendre», se fait une place de choix chez les Partenopei. Et s’il n’économise pas ses courses, c’est parce que celui qui a été débauché à Lille contre quelque 70 millions d’euros (en 2020) a du temps à rattraper. Pour sa première saison à Naples, l’attaquant reste en sommeil plusieurs mois, la faute notamment à une blessure à l’épaule. «Il a eu des difficultés à s’installer la saison dernière, il a également eu beaucoup de blessures, j’ai essayé de l’aider. C’est quelqu’un de très intelligent, qui a soif d’apprendre. Je lui donne tout l’amour du monde», soufflait début octobre Dries Mertens, pas rancunier de voir sa place devant remise en cause par l’entrée en éruption d’Osimhen.

Un avènement qui prend racine en fin de saison dernière, où il enchaîne sept buts en six titularisations entre début avril et début mai. Un envol qui porte le sceau de son ex-entraîneur Gennaro Gattuso. «Tu as été déterminant dans mon développement aussi bien en tant que joueur qu’en tant qu’homme, l’a salué Osimhen à son départ. J’apprécie tout ce que tu as pu faire pour moi sur et en dehors du terrain. Je t’ai admiré comme joueur et avoir eu l’opportunité d’évoluer sous tes ordres est quelque chose que je ne suis pas prêt d’oublier.»

Aujourd’hui, c’est au tour du Nigérian d’être déterminant pour son club. Celui qui s’était révélé au Mondial U17 2015 (10 buts en 7 matches) semble enfin assimiler les exigences du haut niveau. Et le Napoli en aura bien besoin pour retrouver les hauteurs de Ligue des champions, abandonnées depuis deux saisons. Cela passera par une victoire ce jeudi, histoire de rester invaincu et reprendre les commandes de Serie A au Milan, vainqueur du Torino mardi grâce à Olivier Giroud (1-0). Après sa brève expérience avec Lille, Osimhen aimerait lui aussi regoûter aux soirées européennes.