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mardi, octobre 4, 2022

Lille à l’épreuve de l’efficacité

Opposés au FC Séville, favori du groupe, les Lillois n’ont d’autre choix que de l’emporter sous peine de se retrouver très mal en point. Cela passera par une efficacité qui fait jusqu’ici défaut en C1.

Le réveil des Dogues est attendu. Dernier du groupe G de Ligue des champions après un nul et une défaite mal payés contre Wolfsburg et Salzbourg, le Losc reçoit le FC Séville avec la ferme intention de lancer sa campagne européenne ce mercredi (21h). Face à l’épouvantail en délicatesse de la poule (2e après deux nuls), les Nordistes auront également à cœur de reprendre leur marche en avant entrevue avant la trêve internationale. Car à Clermont samedi (1-0), les Dogues, orphelins de leur chef de meute Burak Yilmaz, n’avaient déjà plus les crocs. «On attendait un match de coupe et on n’a pas été capable d’être au rendez-vous d’un match comme ça», pestait Jocelyn Gourvennec après une «une défaite qui n’était pas prévue» en Auvergne. L’idée de départ était de continuer sur la lancée de fin septembre, ponctuée par un succès probant contre l’Olympique de Marseille (2-0). Mais le Losc, déjà intermittent à Salzbourg lors de la deuxième journée de C1 (2-1), a cette fois été complètement absent des débats contre le promu auvergnat, qui restait pourtant sur deux mois sans gagner.

Les indispensable Yilmaz et David de retour

Après cette déconvenue, le président Oliver Létang avait lui la dent dure et se montrait moins laconique que son entraîneur au micro de Prime Video : «En termes de contenu, on a touché le fond. On a été très mauvais, il n’y a rien de plus à dire. Cela démontre que dans le sport de haut niveau, quand vous n’arrivez pas à montrer certaines valeurs individuelles et collectives, vous ne pouvez prétendre à rien.»

Président du club depuis fin 2020, l’ancien patron du Stade Rennais attend une réaction immédiate de ses troupes. «Il faut rebondir très vite», a exhorté Létang avant le match contre «le meilleur du groupe». Dans cet optique, les Lillois pourront compter sur le retour de Burak Yilmaz, suspendu à Clermont. Unique buteur du Losc dans cette maigre campagne continentale (un coup-franc à Salzbourg), le Turc demeure du haut de ses 36 ans, la principale attraction offensive du champion de France. Il sera la principale clé du défi physique et tactique proposée par la défense andalouse, composée notamment de l’international français Jules Koundé et de l’ancien Nantais Diego Carlos.

À ses côtés, le Kral («Roi») Burak devrait compter sur son partenaire fétiche Jonathan David, qui a joué 20 minutes en Auvergne, précipitant sans succès son retour tardif de sélection. Le Canadien, qui a pris une nouvelle dimension au domaine de Luchon, restait sur une série de cinq buts en trois matches de Ligue 1 contrastant avec son bilan mitigé sur la scène européenne. Un bilan qui aurait néanmoins pris un tout autre relief si son but n’avait pas été refusé contre Wolfsburg, lors de la première journée (0-0).

Bilan famélique en Ligue des champions

Dans l’immuable 4-4-2 nordiste, ce duo en éclipse un autre. Celui composé des virevoltants Jonathan Ikoné et Jonathan Bamba, tous deux sept matches au compteur en C1, pour un petit but pour le premier. Des statistiques faméliques et symptomatiques des difficultés offensives des Dogues dans la plus prestigieuse des compétitions de clubs. Un manque de mordant préjudiciable et traduit par une quatrième et dernière place du groupe lors de ses trois dernières participations (2019, 2012, 2011).

Pour éviter une nouvelle déconvenue, à l’évidence indigne d’un champion de France en titre, même si le statut de champion domestique est rarement gage de réussite lors des joutes continentales, le Losc devra l’emporter pour rester en vie. «Il faudra arriver à emballer celui-là, être conquérants mais aussi intelligents, ne pas ouvrir le jeu face à des joueurs habiles. Il faudra qu’on fasse un match plein», résume Gourvennec à la veille de la rencontre. L’entraîneur, qui découvre la compétition, invite ses joueurs à reproduire la performance de Marseille (2-0).

L’inverse, auquel se contraint trop souvent le Losc en milieu de semaine, compliquerait sérieusement la tâche d’une équipe qui n’est sortie qu’une seule fois de la phase de poules de C1, en 2007. Aussi, un nouveau match sans succès convoquerait le douloureux souvenir de la campagne 2019-2020, lorsque la bande à Christophe Galtier n’avait marqué qu’un petit point en six matches. Mais le poids de l’histoire n’est pas uniquement contraire à l’équipe nordiste, puisqu’elle l’a emporté lors de ses deux uniques réceptions des Andalous, en Coupe de l’UEFA (2004 et 2006). Il y a aussi des motifs d’espoir.