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mardi, septembre 27, 2022

la vie sans l’indispensable monsieur Mbappé

ANALYSE – Le Paris Saint-Germain devra composer sans son attaquant providentiel ce vendredi (21h), face au Losc, en ouverture de la 12e journée de L1.

«Une influence déterminante». Voilà comment le très prudent Mauricio Pochettino a décrit l’impact de Kylian Mbappé sur les performances de «son» Paris Saint-Germain. Un doux euphémisme pour cet adepte de la langue de bois. À 22 ans, l’international tricolore (51 sél., 19 buts) représente bien souvent, et ce n’est pas nouveau, l’arbre qui cache la forêt pour un PSG au projet de jeu minimaliste, même si les résultats sont probants. Très probants.

S’ils sont régulièrement critiqués pour la qualité de leur football, les Rouge et Bleu ont en effet remporté 11 de leurs 15 matches toutes compétitions confondues, pour deux nuls – le dernier en date dimanche à Marseille (0-0) – et deux revers. Au-delà de ses six buts et huit passes décisives, Mbappé, qui n’a manqué que le Trophée des champions face à Lille en 2021-22 (0-1) depuis le début de la saison en cours (14 matches), donne le la pour ce Paris-SG si souvent sans idée dans son expression offensive. Les différences, c’est lui. La profondeur, c’est lui. Le danger, c’est lui. «Dans des matches où c’est plus dur collectivement, ces joueurs-là font la différence», a récemment dit «Poche», évoquant Mbappé et Lionel Messi. Sauf que ce genre de match, c’est la norme pour le PSG. «Pour l’instant, on ne joue pas bien et on gagne», soufflait Mbappé après Leipzig (3-2).

Reprise en début de semaine prochaine

Contre le Losc, ce vendredi en ouverture de la 12e journée, le Paris-SG devra néanmoins s’en sortir sans son sauveur habituel. Victime d’une «infection ORL», l’ancien Monégasque «ne reprendra l’entraînement qu’en début de semaine prochaine», comme le rapportait le club vice-champion d’Europe 2020 jeudi. Mbappé n’est d’ailleurs pas le seul absent dans les rangs parisiens, Marco Verratti Achraf Hakimi, Leo Paredes et Sergio Ramos manquant à l’appel.

Les Dogues viseront d’ailleurs une troisième victoire de rang sur le PSG, eux qui avaient pris trois points décisifs dans la conquête du titre au printemps dernier, au Parc des Princes (0-1). Le cas échéant, ce serait une première depuis… 1988 pour le club nordiste, privé de Benjamin André et Sven Botman. «C’est un beau défi à relever que de faire un beau match au Parc des Princes. Nous devrons être solides, bien organisés», a indiqué l’entraîneur Jocelyn Gourvennec, contesté et qui peine lui aussi à trouver la bonne carburation avec Lille, modeste neuvième au classement de la Ligue 1 avant ce match.

S’ils sont décevants dans le jeu, souvent sortis de l’impasse par Kylian Mbappé, les Parisiens, eux, sont en tête en L1 et en Ligue des champions. «On ne se satisfait pas de cela. On veut progresser, être meilleur, mieux jouer, collectivement et individuellement. Ça avance dans le bon sens», promet Pochettino. Et d’ajouter : «On sait qu’on se doit de s’améliorer, mieux jouer et produire un meilleur spectacle. On sait que ça compte au PSG et on fait tout pour progresser.»

Le collectif pour faire oublier Mbappé

Sans son homme fort en attaque, le PSG devra donc hausser le ton par le jeu, s’appuyer encore plus sur son collectif. Une lapalissade. On ne remplace pas individuellement un Mbappé. Et ce même si Paris dispose d’un effectif assez conséquent pour aligner une ligne d’attaque composée de Neymar, Mauro Icardi et Angel Di Maria au cas où Lionel Messi n’était pas en mesure de débuter. Le sextuple Ballon d’or argentin de 34 ans, victime d’une «gêne musculaire», ne s’est pas entraîné jeudi. Il fait néanmoins partie du groupe, lui qui représente une option dans l’axe, plus près du but qu’à Marseille, afin de combler l’absence de Mbappé. «C’est une possibilité, mais on en a d’autres. Je me souviens de Pep Guardiola qui disait qu’il peut jouer à n’importe quel poste parce qu’il a cette capacité pour bien faire partout», a déclaré Pochettino jeudi en conférence de presse, au sujet de «l’élu» Messi, «le meilleur joueur du monde». Mais le meilleur joueur du Paris Saint-Germain, c’est pourtant bien Kylian Mbappé. En tout cas, c’est le plus influent, le plus efficace, le plus en vue.

Surtout que «Ney» n’est que l’ombre de lui-même en ce moment, n’en déplaise à son entraîneur. «C’est un joueur très créatif, un talent impressionnant. Je suis content de lui», a indiqué l’ancien coach de Tottenham, lui qui s’était déjà déclaré «satisfait» de la performance du Brésilien au Vélodrome. Il était bien le seul dans ce cas… La saison passée, le club de la capitale a en tout cas perdu quatre de ses dix matches sans le crack de Bondy, dont les deux disputés sans lui en Ligue des champions, en poules à Leipzig (2-1) et en demi-finales retour, sur le terrain de Manchester City (2-0). Son absence est donc indéniablement un coup dur pour le vice-champion de France, même si cela peut aussi permettre à certains de se montrer.

Messi en chef d’orchestre ?

On pense par exemple à Messi, s’il peut jouer, lui que Thierry Henry voyait trop «isolé» dimanche à Marseille. «Il ne peut y avoir qu’un seul chef d’orchestre. Le problème, c’est qu’il y a beaucoup de chefs d’orchestre dans cette équipe… Or, Leo a besoin de donner le tempo au jeu. En ce moment, c’est Kylian qui a la balle assez souvent et ça va vite en contre», avait déclaré l’ancien champion du monde 98 sur Amazon Prime Video, laissant entendre que Pochettino devrait donner les clés du camion à la «Pulga» plutôt qu’à Mbappé. À voir.

«Depuis le début de la saison, je ne sais pas si on a pu aligner deux fois le même onze de départ… On a un effectif conséquent, avec 33 joueurs. Il est important que chacun des joueurs sache ce qu’on attend de lui. Après, il faut en choisir 11. Avec le contexte, les sélections, les compétitions continentales l’été dernier, les suspensions, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour travailler. Mais dans le football, il faut s’adapter tous les jours aux circonstances», souligne Pochettino, qui se méfie des Dogues. «C’est une équipe très forte, avec de très bons joueurs, les champions sortants et une équipe qui a mérité son titre. On a toujours mérité son titre quand on est sacré après 38 journées… On aurait dû faire beaucoup mieux la saison passée, mais ce sont les champions. Ce sera dur, on s’attend à un match difficile, mais on se prépare pour faire un bon match et gagner.» Le tout avant de se tourner vers la C1 et Leipzig, mercredi, et au cœur d’une série de six matches en l’espace de 23 jours d’ici à la trêve internationale.