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mardi, octobre 4, 2022

La démarche d’Umtiti, le triplé de Platini… Les cinq matches mémorables entre la France et la Belgique

Revivez cinq chocs qui ont fait l’histoire de la rivalité entre la France et la Belgique.

France-Belgique est un classique, qui, à bien des égards, a marqué de son empreinte le football. Au cours de leur histoire, les Bleus ont affronté à 74 reprises la Belgique, ce qui en fait l’adversaire privilégié de l’équipe de France. Symbole d’une affiche particulière dans le microcosme du football, les Belges possèdent un meilleur bilan comptable que les Bleus. 30 victoires pour les Diables Rouges contre 25 pour l’équipe de France. En revanche, les Tricolores ont l’avantage sur les matches à enjeu, avec six victoires à trois.

5 juin 1938, France Belgique 3-1, 8e de finale du Coupe du monde

En 1938, la France organise sa première Coupe du monde. Dans cette troisième édition du Mondial, la compétition commence dès les 8es de finale. Pour lancer les hostilités, la France affronte la Belgique au stade olympique Yves-du-Manoir, à Colombes, devant 30 000 spectateurs, dont les fondateurs de la Coupe du monde, Jules Rimet et Henri Delaunney. Cette rencontre fratricide correspond au premier affrontement dans un match à enjeu entre la Belgique et la France, après avoir disputé 32 matches amicaux depuis 1904. Les Bleus commencent tambour battant. Suite à une faute de main du gardien belge Arnold Badjou, Emile Veinante suit bien et ouvre le score. La France double la mise quelques minutes plus tard sur une réalisation de Jean Nicolas. Mais les Belges ne lâchent rien, et réduisent la marque par l’intermédiaire d’Henri Isemborghs juste avant la pause. Les protégés de Gaston Barreau ne cèdent pas face à la pression, et reprennent un avantage confortable grâce au but de Nicolas, meilleur buteur de Division 1 cette saison-là. Les Bleus s’imposent 3-1. Malgré le soutien de tout un pays, la France s’incline au tour suivant face au tenant du titre, l’Italie.

16 juin 1984, France 5-0 Belgique, phase de groupes de l’Euro

Impulsés par le fameux carré magique Tigana-Platini-Fernandez-Giresse, les Bleus nouent de grandes ambitions dans cet Euro organisé à la maison. Après la désillusion subie à Séville, en 1982 contre la RFA en demi-finale de Coupe du monde (3-3 ap, 5 tab 4), l’équipe coachée par Michel Hidalgo veut soulever son premier trophée international. Après une première crispante mais réussie face au Danemark (1-0), les coéquipiers de Michel Platini affrontent la Belgique, finaliste de l’Euro 1980. Une très belle génération belge amputée de nombreux cadres, suite au scandale du match truqué entre le Standard et Waterschei qui la prive Gerets, Meeuws, Plessers ou encore Preud’Homme. Devant 51000 spectateurs à la Beaujoire, Michel Platini inscrit un triplé et en profite pour battre le record de buts en Equipe de France, détenu par Just Fontaine. Au terme d’une action de grande classe avec Tigana, Giresse trouve également le chemin des filets sur un piqué. À la réception d’un centre, Luis Fernandez trompe également la vigilance de Pfaff. Une rencontre qui est restée gravée dans la mémoire de l’ancien coach du PSG.

Lui (Vercauteren), Enzo Scifo, c’était des garçons que j’admirais, une génération extraordinaire. Mais sur ce match, tout ce que l’on tentait, on le réussissait. On prenait des risques. C’était un festival.

Luis Fernandez

Après ce festival offensif, les Bleus continuent sur leur lancée, et remportent leur première compétition internationale en battant l’Espagne en finale (2-0). Avec une équipe remaniée, les Belges ne parviennent pas à passer les poules.

28 juin 1986, France-Belgique 4-2, match pour la 3e place

Auréolés de leur titre de champion d’Europe, les Tricolores font partie des favoris lors du Mondial 86, au Brésil. Victorieux du pays hôte en quart de finale, qualifié de «match du siècle» (1-1, 4-3 t.a.b), les Bleus ne prennent pas leur revanche sur la RFA en demi-finale, et s’inclinent de nouveau à ce stade de la compétition (0-2). De son côté, la Belgique brille à cette Coupe du monde, et se fait sortir au même tour que la France, par l’Argentine de Diego Maradona, futur vainqueur du Mondial. Les voisins se retrouvent donc dans le match symbolique pour la troisième place. Pour ce match «sans enjeu», Henri Michel fait du turnover. Après l’ouverture précoce des Belges, Jean-Marc Ferreri remet les deux équipes à égalité sur une frappe lointaine à la 27e minute de jeu. Juste avant la pause, Jean-Pierre Papin redonne l’avantage aux Français. L’ancien attaquant de l’OM sera d’ailleurs auteur d’un but d’anthologie six années plus tard contre la Belgique, dans un amical à rebondissements (3-3).

Lors du second acte, Claesen égalise et envoie les deux équipes en prolongation. Les Bleus profitent d’un manque de réalisme criant des Belges pour punir leur adversaire grâce à des réalisations de Genghini et Amoros.

7 juin 2015, France-Belgique 3-4, match amical

Au Stade de France, les Bleus défient les Belges, pour se jauger face à une grosse cylindrée, avant le début de l’Euro. Une rencontre particulière puisque Eden Hazard, «l’enfant d’adoption» chouchou de Lille endosse pour la première fois le brassard de capitaine de la Belgique. Sous la houlette d’un Fellaini très inspiré, la Belgique rentre aux vestiaires avec deux buts d’avance. En seconde période, Nainggolan, homme du match, met en lumière sa qualité de frappe lointaine et trompe Hugo Lloris. Dans les travées du stade, les supporters belges en profitent pour chambrer les Français «On est chez nous», «Et un, et deux, et trois zéros».

Malgré la réduction du score de Valbuena, Hazard creuse à nouveau l’écart. En fin de rencontre, Didier Deschamps apporte du sang neuf, avec les entrées de Fekir et Ntep. Un choix payant, puisque le Rennais sert le Lyonnais, qui en profite pour inscrire son premier but en Bleu. Dans le temps additionnel, Dimitri Payet réduit la marque mais le sort du match est scellé. Malgré un sursaut d’orgueil tardif, la France s’incline (3-4) face à l’armada offensive des Belges. Un signal d’alerte pour Didier Deschamps, à un an du lancement de l’Euro.

10 juillet 2018, France-Belgique 1-0, demi-finale de Coupe du monde

Les frères ennemis se retrouvent au pied du sommet. Vainqueurs respectivement de l’Uruguay et du Brésil au tour précédent, la France et la Belgique endossent un statut de favori dans le dernier carré. À Saint-Pétersbourg, cette rencontre est marquée par une opposition de style qui atteint son paroxysme sur certaines séquences. La France défend assez bas, avec un bloc très compact et structuré, et se montre redoutable sur transitions rapides. Les Belges développent un jeu de possession et multiplient les attaques placées. En première mi-temps, Hugo Lloris, auteur d’un grand Mondial, s’interpose brillamment face à Alderweireld. Il faut attendre la 40e minute pour voir les Bleus mettre réellement en difficulté Thibaut Courtois, sur une tentative de Pavard. Au retour des vestiaires, sur un corner parfaitement exécuté d’Antoine Griezmann, Samuel Umtiti prend le meilleur sur Fellaini et donne l’avantage aux Bleus. Euphorique, le défenseur barcelonais inscrit ce moment dans la légende, agrémenté d’une célébration qui fera le tour du monde avec sa démarche singulière. Malgré une fin de rencontre compliquée, les Français tiennent bon et obtiennent leur billet pour la finale. Les Belges, déçus, feront part de leur amertume après la rencontre.