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mardi, octobre 4, 2022

Burak Yilmaz, un «Roi» plus aussi souverain

ANALYSE – En délicatesse depuis le début de saison, l’avant-centre turc a l’occasion de se relancer ce vendredi (21h), face au Paris Saint-Germain.

L’épisode n’est pas passé inaperçu. Samedi dernier, lors de la réception face au Stade Brestois (1-1), Burak Yilmaz est remplacé par Jonathan Ikoné à la 77e minute. Frustré, l’avant-centre turc, au lieu de prendre la direction du banc des Dogues, file… directement aux vestiaires. «On s’est vu, oui. Il m’a dit qu’il avait été frustré du résultat et du fait qu’on soit toujours à égalité avec Brest. Il avait envie de faire beaucoup pour l’équipe. Il s’est excusé, a atténué Jocelyn Gourvennec en conférence de presse. Le président (Olivier Létang, NDLR) l’a vu aussi. Je lui ai dit qu’il était important de garder notre unité. Qu’il fallait dépasser la frustration de dominer sans marquer. Qu’on devait garder notre énergie pour marquer des buts.» Si la situation s’est, visiblement, vite apaisée, l’incident n’en reste pas moins symptomatique du mal qui ronge l’attaquant de 36 ans en ce début de saison, lui qui avait connu des débuts rêvés dans le Nord.

Un buteur qui régnait en maître sur la Ligue 1 la saison dernière…

Été 2020. Après de longues négociations, le natif d’Antalya se laisse séduire par Luis Campos, alors en charge du recrutement lillois, et décide de rejoindre les Dogues. Véritable star en son pays, le «Roi Burak» – son surnom – trouve en France un nouveau royaume. Il éclabousse rapidement la Ligue 1 de son talent et a largement contribué à la conquête du titre de champion de France, au terme d’une course effrénée face à Paris, Monaco et Lyon. 16 buts, souvent décisifs, et 5 passes décisives : les chiffres ne mentent pas.

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Concrètement, il a fait la différence, comme l’avait décrit Christophe Galtier en avril dernier, après son doublé salutaire face à l’OL (2-3) : «Burak Yilmaz est un joueur qui a gagné des titres en Turquie, qui est passé dans des grands clubs. On le voit tous dans sa préparation, il est focus sur la compétition. Je regarde ce qui se passe à Paris, Monaco, Lyon. Ce sont les joueurs de devant qui font la différence. C’est le cas chez nous également.». Mais pendant la saison, l’influence de l’international turc ne s’est pas limitée pas aux statistiques.

Son incroyable activité, sa détermination et sa résilience sont autant de qualités qui ont rejailli sur ses coéquipiers. Et en ont fait une menace constante pour ses adversaires. S’il n’a pas été élu meilleur joueur au terme de l’exercice écoulé, un titre dont a hérité Kylian Mbappé, Burak Yilmaz a tout de même marqué le championnat de son empreinte en 2020-2021.

…mais plus aussi souverain cette saison

Le problème, c’est que depuis la reprise, le «Roi Burak» n’est plus aussi souverain. L’intersaison lilloise a été animée. Christophe Galtier est parti, remplacé par Jocelyn Gourvennec, et plusieurs cadres de l’effectif comme Mike Maignan et Boubakary Soumaré sont allés poursuivre leur progression ailleurs. Autant de changements qui ont bouleversé l’équilibre du Losc. Les Dogues patinent en ce début de saison, aussi bien en Ligue 1 (10es, le classement ici) qu’en Ligue des champions (3es de leur poule, le classement ici). Et l’avant-centre ne pèse plus autant. Son impact a largement diminué. Il compte à son actif 3 buts et 3 passes décisives en 12 matches toutes compétitions confondues. Des statistiques éloignées de celles de 2020-21…

Pour son nouvel entraîneur, cette baisse de régime serait la résultante de l’enchaînement des matches. «En termes de stats oui, c’est moins bien. Mais il donne beaucoup. Il joue tous les trois ou quatre jours. Les matches s’enchaînent, c’est énergivore. Il y a plus de fatigue, donc plus de frustration», assure Gourvennec. Avant d’ajouter : «Burak a de la crispation, le fait d’être sur une moins bonne série crispe le dernier geste. Il faut plus de légèreté et de fluidité, ça permet de mieux finir les actions.» Ce vendredi (21h), face au Paris Saint-Germain, en ouverture de la 12e journée de Ligue 1, Burak Yilmaz a l’opportunité de prouver que son règne n’est pas encore terminé.