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mardi, septembre 27, 2022

à quatre mois des Jeux, Papadakis et Cizeron de retour «fidèles à eux-mêmes»

Quadruples champions du monde de danse sur glace en quête d’or olympique dans quatre mois à Pékin, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron effectuent à Epinal leur retour en compétition après 20 mois d’absence.

C’est vendredi et samedi au Masters à Epinal, traditionnelle compétition nationale de début de saison, que Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, 26 ans tous les deux, vont étrenner leurs deux nouvelles créations, celles qui les amèneront jusqu’aux JO 2022. Les vice-champions olympiques 2018, quadruples champions du monde et quintuples champions d’Europe sortiront ainsi de plus de 600 jours sans patiner en compétition. Leur dernière en date ? Les Championnats d’Europe 2020, en janvier à Graz (Autriche), où les deux danseurs s’étaient inclinés pour la première fois depuis les JO 2018, devancés par les Russes Victoria Sinitsina et Nikita Katsalapov, devenus depuis champions du monde en leur absence. «On savait qu’on n’était pas à 100%», avait reconnu à l’époque le duo français, entre période délicate pour elle et défi commun de rester pleinement engagés quand gagner devient une habitude.

Je ne vais pas dire qu’à Graz ils étaient en burn-out, mais pas loin quand même.

Romain Haguenauer

La pandémie de Covid-19 avait ensuite fait son irruption. Puis Papadakis et Cizeron, installés à Montréal depuis sept ans, avaient préféré renoncer au voyage à Stockholm pour les Mondiaux 2021 fin mars. «Graz est bien, bien, bien loin de leur tête. Ce long break lié à la pandémie les a sortis de cette routine de compétition. Je ne vais pas dire qu’à Graz ils étaient en burn-out, mais pas loin quand même. C’était un début de quelque chose, il y avait un ras-le-bol», se souvient leur entraîneur Romain Haguenauer auprès de l’AFP. Pour leur retour forcément attendu, qui plus est en saison olympique – le seul or qui leur manque -, «ce qu’on a vraiment voulu, c’est qu’ils soient authentiques, fidèles à eux-mêmes», explique le technicien à propos de ses élèves, qui ont pris pour habitude de faire explorer à la danse sur glace de nouveaux horizons, plus modernes et plus audacieux. «Ce sont des jeunes qui vivent des choses et qui ont envie d’exprimer des sentiments assez profonds, peut-être parfois un peu torturés. Et c’est là-dedans qu’ils sont les meilleurs», explique Haguenauer.

Danse urbaine et waacking

Sur le thème imposé de la danse urbaine, Papadakis et Cizeron ont ainsi construit leur danse rythmique sur un mouvement appelé waacking, né dans la communauté gay de Los Angeles dans les années 1970, autour de deux titres de John Legend, «Made to love» et «You and I». «Il y a toute une spécificité au niveau des bras, décrit leur entraîneur. C’est très original et très conquérant, ça envoie pas mal. Cette musique a aussi un côté très contemporain. Ce n’est pas de la pop, pas le truc de la radio, pas quelque chose de facile. Il y a une profondeur, plus que dans certaines autres. On a vraiment fait attention à faire ces choix-là, parce que c’est là où ils arrivent à être magiques, sur des choses pas accessibles aux autres quelque part.» Pour leur danse libre, Papadakis et Cizeron avaient, dans la lignée du tango créé l’hiver dernier, la «volonté de faire quelque chose avec du caractère et de la force», retrace Haguenauer. Ils ont trouvé leur bonheur avec l’Élégie de Gabriel Fauré, jouée au violoncelle et au piano. «Une pièce d’une force et en même temps d’une douceur, estime le technicien. Très dramatique, très riche et variée en termes d’émotions, et qui leur correspond tout à fait.»

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