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mardi, octobre 4, 2022

pour le Real Madrid et le FC Barcelone, la jeunesse au pouvoir

Les deux grands clubs espagnols misent de plus en plus sur leurs jeunes pour atteindre leurs objectifs sportifs.

Passation de pouvoir. Mercredi soir à Giusuppe Meazza, la jeunesse du Real Madrid a pris les commandes et guider les siens vers une victoire inespérée (0-1). Dans une rencontre compliquée, ce sont Vinicius, Valverde, Camavinga et Rodrygo, le buteur, qui ont pris les choses en mains et marqué de leurs empreintes, l’antre de l’Inter. Un jour plus tôt, les Catalans n’arrivaient pas à tenir la dragée haute face à un Bayern Munich largement supérieur (0-3). Malgré la désillusion, les Catalans finissaient la partie avec 7 joueurs de moins de 22 ans. L’illustration de deux cadors du football européen, qui enclenchent une reconstruction progressive autour de leurs jeunes pousses.

Endettés, effectif en régression : les jeunes, une obligation

Après le départ de Lionel Messi et une régression perpétuelle de l’effectif, le FC Barcelone rentre peu à peu dans le rang. Malgré des bonnes phases la saison dernière, le club catalan n’a pas fait mieux qu’une 3e place en championnat et une élimination en 8e de finale face au PSG en Ligue des Champions. En proie à des difficultés financières conséquentes, le Barça peine à se montrer actif sur le marché des transferts. Une donnée qui incite le club à miser sur les jeunes formés au centre de formation du Barça, la Masia et d’investir sur des joueurs en post-formation comme Pedri en 2020.

Une politique sportive incarnée par Ronald Koeman qui a œuvré pour mettre en avant la jeunesse du Barça. « On est contents de pouvoir faire entrer les jeunes. Et on ne le fait pas parce que les gens le veulent. On le fait parce que ces jeunes le méritent. Et ils le prouvent tous, Pedri, Ilaix, Mingueza, Araujo, et d’autres aussi, tous ont un grand avenir devant eux. Quand je le peux, je donne leur chance aux jeunes, car ils sont le futur du club.» Des choix guidés essentiellement par les failles intrinsèques de l’effectif. Ainsi Mingueza, Araujo, Pedri, Fati, ou encore Ilaix Moriba transféré à Leipzig, ont obtenu un temps de jeu inespéré en début de championnat. Cette saison, ce sont Gavi, Eric Garcia, Balde, Demir qui ont intégré le groupe professionnel et ainsi rajeunissent un peu plus le 4e effectif le plus jeune de Liga avec une moyenne d’âge de 25,8 ans.

Des cadres aux abonnés absents, une jeunesse qui patiente

Un débat fait couler beaucoup d’encre au sein du microcosme du FC Barcelone. Est-ce que le statut des cadres historiques du club, Gerard Piqué, Sergio Busquets, ou encore Jordi Alba, en délicatesse sur le plan sportif, doit être totalement revu afin d’installer durablement des jeunes joueurs à leur place. Deux écoles de pensées s’opposent sur le sujet, d’autant plus après la claque reçue face au Bayern Munich.

Pour certains observateurs du club catalan, il est impératif de se séparer de Sergio Busquets et Gerard Piqué en priorité, qui peinent à donner satisfaction depuis un moment. Ils freinent par la même occasion l’émergence d’Araujo ou de Gavi, considérés comme l’avenir du club.

D’autres expriment également leur mécontentement quant aux prestations insipides de ceux qui ont écrit une des plus belles pages du Barça, mais soulèvent le manque d’expérience et de fiabilité de jeunes joueurs qui n’ont encore aucune référence au plus haut niveau. Aligner une équipe composée de 8 à 9 joueurs de moins de 23 peut paraître risqué et pourrait engendrer un effet négatif sur la progression naturelle de ces talents. À l’heure actuelle, la première option est privilégiée, ce qui n’empêche pas Ronald Koeman de continuer à octroyer des minutes aux pépites du club. Ce débat n’est sûrement qu’une question de temps, avant que le Barça n’entre définitivement dans une nouvelle ère.

Le Real Madrid, un processus qui requiert du temps

En 2013, Florentino Pérez essuie un échec majeur sur le marché des transferts. Désireux de mettre la main sur le prodige de l’époque, Neymar, le président du Real Madrid se fait finalement devancer par le rival historique, le FC Barcelone. Une tournure négative qui a probablement donné des idées au politicien espagnol. Récupérer les futures promesses du football mondial.

Dans cette optique, il observe avec un intérêt particulier les nouvelles perles du continent sud-américain et jette son dévolu sur le Brésil. Malgré le flop Lucas Silva en 2014, Florentino Perez renouvelle l’expérience à plusieurs reprises. Ainsi entre 2018 et 2019, Vinicius Junior, Rodrygo, Militao ou encore Reinier rallient la capitale espagnole contre 170 millions d’euros. Un investissement conséquent, qui illustre toute l’ambition de Perez d’obtenir sa fameuse perle brésilienne. Pour autant, du rêve à la réalité, il n’y a que le terrain qui fait office de révélateur. Pendant des années, Vinicius essuie de nombreuses critiques, Rodrygo peine à s’affirmer comme un titulaire en devenir, Militao est remplaçant de la paire Varane-Ramos et Reinier se fait prêter à Dortmund. Jusqu’en 2021, aucun n’arrive à tirer son épingle du jeu, et justifier pleinement les espoirs placés en eux.

La jeune garde madrilène prend du galon

En fin de saison 2020-2021, Vinicius Junior et Militao gagnent enfin une place de titulaire. Profil indispensable sur le front de l’attaque, l’ailier fantasque monte en puissance et devient une option de choix pour Zidane. Militao profite des pépins physiques de Ramos et Varane pour devenir un taulier de l’arrière-garde des Merengues. Sur leurs lancées, les Brésiliens deviennent des éléments incontournables de Carlo Ancelotti. Federico Valverde, 23 ans, motif de satisfaction depuis plusieurs saisons fait parler sa pointe de vitesse. Pour symboliser, ce renouveau progressif de l’effectif madrilène, Eduardo Camavinga, arrivé dans les ultimes instants du mercato, s’est d’ores et déjà montré décisif à 2 reprises. 1 but, 1 passe décisive pour le milieu français. Comme un symbole, cette jeunesse a forcé la décision mercredi soir pour faire plier les intéristes.

Des performances qui ne laissent personne indifférent, en témoignent les compliments de Karim Benzema. « (Vini) C’est un phénomène, il est jeune, j’adore jouer avec lui, on se parle beaucoup en dehors du terrain et il a prouvé qu’il a sa place dans cette équipe. Eduardo Camavinga est très jeune lui aussi et il nous apportera énormément de choses. »

Des louanges qui en appellent d’autres, tant la jeunesse du Real Madrid aspire à bousculer une hiérarchie glorieuse au cours des années précédentes.